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se méprendre, la faveur de rester toujours avec lui en liaison mêmetrès étroite ; c'est à celte circonstance, et à l'écrit publié par Corancezsur ce sujet, que nous devons des détails suivis et pleins d'intérêt surson genre de vie à cette époque , comme aussi la seule idée vraie qu’onpuisse se faire de la disposition de son ame dans ses moments de calme,et d s sentiments dont il étoit alors babil uelbme t affecté.
En résultat général, voici cette idée aussi judicieuse que nettementexprimée. « 11 m’a réalisé, dit Corancez , l'existence possible de Don« Quichotte.... Chez tous deux je trouve une corde sensible. Celle« corde en vibration amène chez l’un les idées de la chevalerie, errantea et toutes Us exliavagam es qu'elle traîne après elle. Chez l’autre,
« cette corde résonnoit ennemis, coalition générale, vaste plan p mr le« perdre, etc. Chez tous deux, cette corde en repos laisse à leur es-« prit toute sa liberté. » On a vu que ce n’est pas seulement la liberté ,mais la force et l’étendue de l’esprit du nouveau Don Quichotte, qui sefont remarquer jusque dans ses dernières productions. Mais déplus,quand la corde fatale ne résonnoit pas , toutes les qualités de son ameaimante et sensible sembloienl briller d’un éclat nouveau. Corancez etDusaulx môme en rapportent des traits qui ne lai-sent sur ce point au-cun doute. Alors il n’étoit pas seulement aimable , il étoit gai, et quoi-que toujours d'une timidité excessive , savoit s'épancher au besoin ,al.oit même jusqu'à recounoître son penchant à l'humeur et à la dé-fiance, aussi sensible aux charmes d'une société douce et sans apprêtqu'à ceux de la confiance et de l'intimité. Combien surtout on aime àle voir tendre justice à ceux dont il avoit le plus droit de se plaindre,Diderot, Voltaire, etc., louant hautement ce qu’ils avoientde lo able,prenant même au besoin leur défense, et s'exprimant toujours surleur compte avec cette modération qui caractérise 1 homme supérieur !« Je ne sache point, dit-il un jour chez Dusaulx , en parlant de Vol-« taire , je ne sache point d’homme sur la terre dont les premiers mou-« vements aient été plus beaux que les siens. » Ce qui est peut-êtrel’élogede Voltaire le plus jusie et le plus précis qu’on ait jamais fait.Et Dusaulx même n’a-t il pas la bonne foi de nous dire : « Depuis no-« tre éternelle séparation, je n'ai point appris qu’il fût sorti de sa bou-« che un seul mot capable de m’offenser ; au contraire , j’ai appris avec« reconnaissance qu’il s étoit expliqué sur mon compte d'vue manièrev trop honorable pour le répéter. » Comment, en faisant un pareil aveu,Dusaulx, l'honnête Dusaulx n'a-t-il pas senti sa plume lui tomber desmains ?
C’est encore Dusaulx qui nous apprend que Rousseau a secrètementfait du bien et par-delà ses moyens, et il s’appuie du témoignage deM. de Saint-Germain, qui ne l’a point patte. Je l’ai vu, écrivoit ce der-nier, malade du mat d’autrui et se privant du nécessaire pour soulagerles malheureux. Remarquons que ce témoignage de M. de Saint Ger-