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Tome premier.
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APPENDICE

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à Rousseau, et qui est bien constaté, doit être mis sous les yeux deslecteurs.

Il étoit parti sans sa femme pour Ermenonville, et comme pour faireune simple épreuve avant de se déterminer. Il s’y trouva si bien , quedès le troisième jour il lui écrivit de faire ses paquets et de le venir re-joindre ; ce qu'elle fit sans tarder. Corancez, inquiet des suites de cettedémarche, desiroit avoir des nouvelles de son ami. Il faut le laisserparler ici lui-même. « Je rencontre un jour à l’Opéra un jeune cheva-« lier de Malte nommé Fiamanville. 11 m’avoit donné de lui une excel-« lente opinion par le prix qu’il meltoit à se conserver chez Rousseau,

« et souvent nous nous y rencontrions. En m’abordant il me serre la« main, me dit qu'il arrive d’Ermenonville, et me témoigne un grand(i désir de m’entretenir particulièrement : nous sortons. 11 m’apprend« que la tête de Rousseau travaille; il m'ajoute qu’il lui avoit re-« mis un papier écrit de sa main pour le prier de lui trouver un« asile. ( Corancez copie ici cet écrit, qui n’est autre que l’écrit circu-« laire dont il a été parlé précédemment, p. 635.) J’observe, ajoute« Corancez , que cet écrit est daté de février 1777 , mais que Rousseau« l’ayant reproduit aux yeux du jeune chevalier lors de sa visite à Er-« in- nonville, il se trouve avoir réellement deux dates, celle de février« 1/77, et celle de juin 1778, époque de cette visite. Ce jeune« homme, sensible et sincèrement attaché à Rousseau , avoit les yeuxii en larmes; il lui avoit offert d’habiter une des deux terres qu’il pos-« sédoit.... Je n’ai pas, me dit-il, perdu l’espérance de l’y déterminer.

« 11 se proposoit un second voyage dont il me rendroil compte. Ce« second voyage n’eut pas lieu; Rousseau mourut trop tôt. »

Il faut savoir maintenant ce que faisoit et disoit Rousseau dans lecours de ce même mois de juin, et si ses paroles et ses actions s’accor-dent avec la remise de l’écrit circulaire dont on vient de parler. Or ellessont connues presque jour par jour, et sur !a foi d’un témoin aussi d gnede confiance que Corancez : c’est Le Bègue de Presle. Son témoignageest encore appuyé de celui d'un gentilhomme portugais dont la relationest jointe à la tienne (*).

Le Bègue de Pre le avoit accompagné Rousseau à Ermenonville.

« Pendant le temps que j’y passai, dit-il, M. Rousseau me parut de« plus en plus satisfait de son nouveau domicile et de ses hôtes. Il ve-n noit se promener presque tous les jours avec nous, et y dinoit quel-<i quefois. Il entreprit bientôt de faire l’herbier ou collection des plan-« tes des environs d’Ermenonville. Je revins à Paris le S juin... Je re-« tournai à Ermenonville le 21 , et je fus convaincu du contentement« de M. Rousseau par la reconnoissance qu’il me témoigna pour sesj

(*) Relation ou Notice des derniers jours de M. J.-J. Rousseau, par Le Bègue dePresle, docteur en médecine, avec une Jdditionp&x J.-H. de Magellan, gentilhommeportugais. ln-8°de 48 pages. Londres, 1778.