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formellement) ; mais il étoil incapable d’en hâter le moment fatal par unacte aussi contraire à ses principes (pie le suicide (*).
Mais voici un autre témoignage que, dans une seconde édition desa brochure, Corancez a fait encore valoir en preuve du prétendusuicide; et ce témoignage semble en effet concluant. Ce n’est rienmoins que celui du célèbre sculpteur Iloudon, qui, dès le momentqu'on sut à Paris la mort de Rousseau , alla en toute hâte à Ermenon-v Ile pour mouler sa figure. « Le trou étoit si profond , nous dit encore» Corancez à ce sujet, que M. Houdon ma dit , à moi , avoir été ern-» barrasse pour en remplir le vide. »
Rien n'est plus positif : mais jusqu’où ne peut pas être entraînél’homme le plus véridique et de la meilleure foi, par le désir de soute-nir une opinion une fois adoptée! En voici un ex-mple frappant:M. Houdon vit encore, tt demeure à Paris. Nous n’avons rien eu deplus pressé’que de le voir, et de lui faire lire cette déclaration si positivede Corancez à son égard. Malgré son âge avancé, M. Houdon avoitparfaitement conservé le souvenir de toutes les circonstances qui se
(*) Parmi les notes que Uoucher a jointes à son poème des Mois, on en trouve uneaprès le onzième citant, contenant une Relation des dernier sinstanis de J,-J. 1 \ous~seau , que Rouchcr annonce avoir été écrite par un témoin oculaire ; et en effet leton de candeur qui règne dans ce îécit donne aux faits qu'on y rapporte un carac*tère de vérité qui provoque infiniment la confiance. Le lecteur en va juger par ccpas-ag-’, pleinement confirmatif de la conjecture que nous venons de présenter. « A« peine sa femme (de Rousseau) avoit-elle été dehors pendant quelques instants, que,« venant à rentrer, elle trouve son mari sur une grande chaise de paille, le coude« appuyé sur une commode. Qu’avez-vous, dit-elle, mon bon ami? Je sens, répon*« dit-ii, de grandes anxiétés et des douleurs de colique. Alors sa femme, afin d’avoic« du secours sans l'inquiéter, feignit d'aller chercher quelque chose, et pria la con-
* cierge d’aller dire au château que son mari se trouvoit mal. Madame de Girardin,« avertie la première, y courut aussitôt ; et comme il n étoit que Deuf heures du ma*« tin, et que ce u'étoit point une heure où efe eût coutume d’y aller, elle prit le pré-« texte de lui demander, ainsi qu’à sa femme, si le repos de leur nuit n’avoit point« été troublé par du bruit que Ton avoit fait dans le village. Jh! madame, lui ré*■ pondit-il, du ton le plus honnête et le plus attendri, je. suis bien sensible à Unîtes« vos bontés ; mais vous voyez que je souffre, et c’est une gêne ajoutée à la dou~
• leur y que celle de souffrir devant le monde ; et vous-même n’etes ni dans une« assez bonne santé, ni d’un caractère à pouvoir supporter la vue de la souf -« france. Fous m'obligerez, madame, et pour vous et pour moi, si vous voulezt avoir la complaisance de vous retirer, et me laisser seul avec ma femme pen *« dant quelque temps Elle le quitta donc presque aussitôt pour le laisser recevoir« plus à son aise l’espèce de soins que paroissoit uniquement exiger la nature de la« colique dont il se plaignoit. » Il n’est point ici question de verroux fermés ; maisl’on sent très bien qu’après de telles paroles, c tte^irconstance d'ailleurs naturelle, etqui en étoit même la suite nécessaire, devient tout-à-fait indifférente.
Enfin, pour faire encore valoir une autorité de plus, d’Escherny a consigné dansses Mélanges le résultat des informations par lui prises sur les lieux -, il ne fait au*cune mention du prétendu suicide, et son récit, jusque dans les plus petites circon-stances, s’accorde parfaitement avec celui de Le Bègue de Presle, et du témoin ocu*faire dont U \ient d’être parlé. Voyez tome III, page 163.