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Tome premier.
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APPENDICE

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servée pour un nouveau buste dont, au moment où nous écrivons, lesocle est déjà placé (*).

Le lien étroit qui exista si longtemps entre Rousseau et ThérèseLe Vasseur inspire sur le sort de cel e-ci au moins quelque curiosité ;et nous devons d'autant plus la satisfaire, que la conduite de celtefemme , après la mort de celui dont la mémoire devoit lui être chère àtant de titres, ne justifie que trop bien les reproches que jusqu'à pré-sent nous avons été forcés de lui faire. Elle étoit loin d’avoir à craindrede rester , par l’effet de cette mort, dans la dépendance et le dénû-ment. Du Peyrou nous apprend que , dès l'année suivante , elle réu-nissoit, à un viager de 700 livres, la propriété d'un contrat de 15.000livres de principal, et l'usufruit d’une somme de 24,000 livres, résultatd’un traité fait avec les éditeurs de Genève. Du Peyrou et M. de Gi-rardin s’étoient réunis pour lui assurer tous ces avantages. En peu detemps tout fut dissipé par l’effet de la liaison qu’elle contracta, presqueaussitôt après la mort île Rousseau , avec un lrlandois , nommé John,palfrenier au service de M. de Girardin. Forcée de quitter Ermenon-ville un an après, elle vécut long-temps avec ce John au Plessis-Belle-ville , à deux lieues de là ; et, si l’on en croyoit d’Escherny, elle auroitmangé avec cet homme plus de cent mille francs, que du Peyrou luiauroit fait passer successivement ; ce qui est contre toute vraisem-blance : mais ce qu'on peut bien croire, d’après le même témoignage,c’est que, dans les dernières années de sa vie, abandonnée et man-quant de tout, elle étoit réduite à mendier son pain à la porte de laComédie Françoise. Elle mourut au Plessis-Belleville en juillet 1804,âgée de quatre-vingts ans.

Il est généralement reconnu qu’aucun des portraits de Rousseau,faits de son vivant, n’offre de lui une représentation fidèle. Le seulbuste fait par Iloudon, et qui a servi de modèle à toutes les gra-vures faites depuis, a, sous tous les rapports, réuni les suffrages,u Tous ses traita, dit Mercier, qui l'a fréquenté long-temps, se term;-« noient en finesse. La taille bien prise , la jambe fine, un joli pied,« la physionomie animée , la bouche mignonne, les yeux petits et« même enfoncés, mais qui lançoient le feu ; tel il étoit. Le son de sa« voix étoit d’une douceur ravissante, et son chant avoit beaucoup« d’expression. Il se coiffa de bonne heure avec une petite perruque« ronde ; ce qui lui ôta un des traits principaux de la physionomie, enh déguisant la forme antique de son front. Dès-lors, revêtu d’habits« propres, mais très simples , toujours bruns et unis, son extérieur« n’annonçoit qu’un homme du commun. Causant une fois avec lui« vers le Palais-Royal, je le quittai, et un élégant de ce temps-là me« dit : Fous étiez là avec votre tailleur. Quand je lui eus dit que c’é-<i toit Jean-Jacques, il courut précipitamment à lui et tourna vingt

0) Voyez, à ta fin de cet appendice, l’article relatif à la statue île J.-J. Rousseau.