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Tome premier.
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APPENDICE

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publique en France avoit décidé l’érection d’une slalue en l'honneur deRousseau, et que ces décisions étoienl toutes restées sans effet. Cettesingularité pour un genre d’honneur que, fort de sa conscience et dansle vif sentiment de tout ce qu’il valoit, notre philosophe n’avoit pascraint de demander lui-même en quelque sorte , s’explique naturelle-ment par les circonstances dans lesquelles chacune des décisions dontnous avons parlé eut lieu Mais elle n’en est pas moins propre à pro-voquer les réllexions sur la vanité des choses humaines, et particu-lièrement sur l’étrange versatilité de l’opinion en France, qui, soitfavorable, soit contraire, n’offre trop souvent, en dernier résultat,qu'une matière nouvelle à des reproches que l'étranger nous fait de-puis si long-temps. Quoi qu’il en soit, cet honneur public, inutile-ment projeté en France pour l'auteur d'Émile, lui est enlin assurédans sa patrie ; et par les circonstances qui s’y joignent on peut croireque, s’il revenoil en être témoin, il en seroit plus tlatté que de tousceux dont jusqu’à présent il a été ou devoit être l’objet, même dans no-tre nation , où cependant il n'avoit pas moins droit de l’attendre. Nousavons déjà dit que le buste de Rousseau devoit être placé dans le jar-din botanique qui se construit maintenant à Genève : Rousseau par-tagera cet honneur avec cinq naturalistes célèbres , tous Genevois, etdont les bustes en marbre doivent contribuer à Fortement de ce jar-din. Mais les citoyens de cette ville, les plus capables d’apprécier tonlce que doit leur patrie à celui qu’on a spécialement désigné par le titrede philosophe de Genève, titre honoré par d’immortelles productions,ont senti qu’un plus digne monument lui étoit dû à tous égards, et,réunis avec quelques étrangers, ont demandé une statue au célèbreCanova. Ge fait ne vient d’être connu en France que par un articlede la Revue encyclopédique du mois d’avril 1820; mais, d’après desrenseignements positifs pris par nous à ce sujet, il remonte à l’année1818, où une souscription volontaire fut ouverte à Genève , et en peude temps remplie. M. de Candolle s’est chargé d’en suivre et presserl’exécution (*).

t*) Ce qui n'étoit encore qu’un projet il y a quinze année» vient entin d'être réatifé.Chacun a pu voir à Tari-', dans 11 tour de l’Institut, une statue en bronze du citoyende Genève. 11 est à regretter que dans la composition de son œuvre le statuaire,M. Pradier, ait cru devoir sacrifier au génie antique, et représenter notre philosopheavec le costume et dans l’attitude d’un rhéteur de l’ancienne Rome , au lieu de luidonner un caractère propre à rappeler un (les écrivains du 18 e siècle. Mais si l’onconsent à faire abstraction de la vérité historique si cruellement sacrifiée, il fauts'empresser de rendre hommage au talent de l’artiste. La pensée est vivante, le géniebrille dans le regard de l’éloquent philosophe. Sa tête est un chef-d'œuvre d’expres-sion, et l'ensemble présente un aspect imposant qui a quelque chose de grave et derecueilli. Celte statue a été inaugurée à Genève le 24 févr’er 1835. Quoiqu'il n’y eût.dit le journal de Genève, que très peu de conseillers d’état présents, et quoiqn’engénéral le côté gouvernemental se soit à peu près tenu en d hors de cette démonstra-tion, la fête, pour avoir été ent èrement conduite par 1rs citoyens, sans aucune inter-