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Tome premier.
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AliX. COXF-ESSIOXS.

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II. Testament fait par J.-J. licvsseatt, en 1737.

Le fait dont nous alloi-s rendre compte confiiine ce que Rousseaunous dit de lui-même dans ses lier cries, quatrième Promei ade, qu'enécrivant ses Confessions, et po: r ne se pas trop honorer, il a souventomis vdontain ment le bien qu’il a pu faire. Voici d’ai leurs comme cefait vient d'arriver à la conuoissance du public.

Un journal de Savoie a dernièrement publié un teslament fait àChambéry et devant notaire, par Rousseau, en juin 1737, et qui. di-soit ce journal, venoit d'ètre trouvé t ans un galetas. Peu de joursaprès, le Courrier f«niçois, copiant dans son numéro du 14 mai l'articledu journal savoyard, a textuellement rapporté le môme testament,dont l’existence maintenant peut d’autant moins être révoquée endoute, qu'il vient d’être pub ié sépai émeut sur une copie authentique,avec quelques observations explicatives, par M. Ménal (*), résidant àPari», mais ne en Savoie et propriétaire aux enviions de Chambéry.M. Métrai y déclare que l'original de ce testament, trouvé en effetdans un galetas, est entre les mains de M. Marin, jurisconsulte àChambéry, auquel appartient maintenant la maison qu'occupait ma-dame de Warens dans cette ville ; et il fuit connoitre à quelle occasionce testament eut lieu. Le jour même qu'il fut fait (27 juin •1757). Rous-seau , venant de donner une leçon de musique, se précipita du sommetjusqu’au bas d'un escalier long et rapide, et se fracassa la tête. Il fut

venîion, n'en a pas moins été nationale. Toute la population s'y trouvoit réunie. L'üeavoit été ornée de (leurs ; des illuminations, des transparents brilloient dans tou e laville; des feux d'artifice ont été tirés ; en un mot le zèle et l'amour des citoyens avoitsuppléé à tout. Rousseau aéé encore une fois dans Genève l'occasion d’une de cesfêtes républicaines qui ai oient si fort ému son enfance, et fixèrent dans son cœur cetardent amour de la patrie qui lui faisoit idolà’rer Genève en dépit de ses torts enverslui. M. Fazy*Pasteur, président du comité de souscription, a prononcé à cette occa-sion un discours dont voici quelques passages :

« Depuis long-temps nos concitoyens manifestoient le regret de ne pas trouver dons notre pa-trie un hommage public rendu à la mémoire de notre illustre compatriote Jean-Jacques Hous-seau.

« Le monument que nous venons inaugurer ici met un terme à ces regrets.

« Entre les plus grands admirateurs de itousseau , il en est cependant, nous devons le dire. quipensent qu'un monument, quel qu'il soit, est tout-â-fait inutile, et que le seul qui puisse l'honorerest dans ses œuvres. Nous le croyons comme eux; ma s il ne faut pas s’y tromper, nous nous de-vions à nous-mêmes de payer ce tribut à sa mémoire.— 11 nous importoit, après des événementsconnus de toute l’Europe, de montrer que le jour de la justice arrive, et que nous cherchons à ef-facer de pénibles souvenirs, en accordant à un grand citoyen méconnu la seule réparation quisoit en notre pouvoir. — I/honneur qu'il a fait à sa patrie a été un bien pour tous les Genevois.— La dédicace de son discoure sur l’origine de l'inégalité des conditions est le plus beau titre«lout aucune république ait pn se glorifier; et quelle que soit uoti'C destinée future, Genève estimmortalisée dans ses écrits.

« Un monument à Rousseau est encore un hommage au sexe dont il a parlé avec tant de dignitéel de charme. Que ne doivent pas les femmes à celui qui a peint de couleurs si vives le bonheurde la vie domestique et l'attrait qu'elles lui prèteut î Que ne doiveut-clies pas au bienfaiteur de.l'eufance.»

(*) Brochure in-8° de 16 pages. Paris, 1820, chez :es frères Baudouin.