RELATIVE A M. VERNBS. 701
l’esprit de l'ouvrage; il est impossible de s’y tromper. Dans l’édi-tion originale, la pièce entière est de huit pages, dont une pour lepréambule; les cinq suivantes, qui font le corps de la pièce, rou-lent sur des querelles de religion, et sur les ministres de Genève.A la septième, l’auteur dit : Venons à ce qui nous regarde. C’esty venir bien tard dans un écrit intitulé Sentiment des citoyens.Dans ces deux dernières pages, qui ne disent rien, il revient encoreà parler des pas'eurs.
Qu’on se rappelle la disposition des esprits à Genève, en cemoment de crise où les deux partis , tout entiers à leurs démêlés,ne songeoient pas seulement à ce que j’avois dit de la religionet des ministres, et qu’on voie à qui l’on peut attribuer un écritoù l’auteur, tout occupé de ces messieurs, songe à peine aux af-faires publiques.
Il y a des observations fines et sûres que le grand nombre nepeut sentir, mais qui frappent beaucoup les gens attentifs qui lessavent faire; et ce qu’il faut pour cela n’est pas tant d’avoir beau-coup d'esprit, que de prendre un grand intérêt à la chose : envoici une de cette espèce.
« Certes, est-il dit dans la pièce, il ne remplit pas ses devoirs,« quand dans le même libelle, trahissant la confiance d’un ami, il« fait imprimer une de ses lettres pour brouiller ensemble trois« pasteurs. »
Il n’y a pas plus de vérité dans ces trois lignes que dans le restede la pièce : mais passons. Je demande d’où peut venir à l’au-teur l’idée de ce reproche d’avoir voulu brouiller trois pasteurs,si lui-même n’est pas du nombre ? Dans la lettre citée, deux pas-teurs sont nommés d’une manière qui nesauroit les brouiller entreeux; il conjecture le troisième très témérairement et très fausse-ment, mais en homme au surplus trop bien au fait du tripot pourn’en être pas lui-même. D’où a-t-il tiré que ce troisième prétendupasteur étoit mon ami, et que j’avois trahi sa confiance? Il n’y apas un mot dans l’extrait que j’ai donné qui puisse autoriser cetteaccusation. Est-ce ainsi qu’un homme qui n’eût pasétédu corps eûtenvisagé la chose ? il falloit être ministre, instruit des tracasseriesdes ministres, et leur donner la plus grande importance, pourvoir ici la brouillerie de trois d’entre eux, et la faire entrerdans tant d’accusations effroyables dont un écrit de huit pagesest rempli. Cette remarque me confirme avec certitude que cettepièce, qui ne roule que surdes intérêts de ministres, est d’un mi-