702 DÉCLARATION
oistre. J’ose affirmer que quiconque n’est pas frappé de la mêmeévidence le serait s’il y donnoit autant d’attention et qu’il y prîtle même intérêt que moi.
Or, s’il est étonnant que, dans une compagnie aussi respectableque celle des pasteurs de Genève, il s’en trouve un capable defaire unpareil libelle, il est certain du moins qu’il ne s’y en trouvepas deux. Auquel donc nous fixerons-nous? Si le lecteur hésite,j’en suis fâché pour ces messieurs; quant à moi, je les honore trop,malgré leurs torts, pour former ià-dessus le moindre doute.
Je n’ai eu quelques liaisons suivies qu’avec cinq d’entre eux.Il en est mort deux, et plût à Dieu qu’ils vécussent ! il est proba-ble que les choses auraient pris un tour bien différent.
Des trois qui restent, l’un est un homme grave, respectable parson âge, par son savoir, par sa conduite, par ses écrits, et qui, loind’avoir pour moi de la haine, me doit, j’ose le dire, une estimeparticulière pour mes procédés envers lui.
Le second est un homme plein d’urbanité, d’un caractère liantet doux, et dont la correspondance,qui m’étoit agréable, n'a cesséde ma part que par l’impossibilité de fournir à tout. Du reste, ily a si peu de rupture entre nous, qu’abstraction faite des affairespubliques, je n’ai point cessé de compter sur son amitié, commeil peut toujours compter sur la mienne.
Le troisième estM. Vernes. Lecteurs, mettez-vous à ma place,à qui des trais dois-je attribuer la pièce? Il faut choisir; car sij’en ai connu personnellement quelques autres, ce n’est que pardes relations passagères de mutuelles honnêtetés : or, je le de-mande, cela produit-il, cela peut-il produire des libelles tels quecelui dont il s’agit?
Il est triste sans doute d’être forcé d’attribuer à un ministre dela parole de Dieu une pièce pleine d’horreurs et de mensonges;mais après avoir souillé sa bouche et sa plume de ces horreurs,pourquoi craindroit-il d’en souiller la presse, et pourquoi s’abs-tiendroit-il dans un libelle anonyme de faire des mensonges, puis-qu'il ne craint pas d’en faire dans des lettres écrites et signées desa main? J’en ai relevé un bien hardi dans la première; en voiciun autre dans la dernière qui n’est pas plus timidement avancé.M. Vernes medemande dans sa quatrième lettre pourquoi, commeil l’a su de bonne part, j’ai écrit à un homme d’un rang distinguéqu 'ayant été mieux instruit, je ne lui attr ibuais plus cette pièce,Je ne sais pas rendre raison de ce qui n’est pas, et je suis très sûr