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Tome premier.
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703
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RELATIVE A M. VEKNES. 703

de n’avoir rien écrit de pareil à personne. M. le prince de Wurtem-berg a bien voulu me faire transcrire ce que je lui avois écrit à cesujet ; en voici l’article mot pour mot : « M. Vernes désavoue« avec horreur le libelle que j’ai cru de lui. En attendant que je« puisse parler de moi-même, je crois qu’il est de mon devoir de« répandre son désaveu, b En quoi donc suis-je en contradictionavec moi-même dans ce passage? Si M. Vernes en a quelque au-tre en vue, qu’il le dise; qu’il dise d’où il tient ce qu'il dit savoirde si bonne part.

Voilà donc des mensonges, de la haine, des calomnies, indé-pendamment du libelle, et tout cela bien avéré. La disconvenancede l’ouvrage à l’auteur, maigre son état, n’est donc pas si grande.Voici plus : je trouve dans la pièce des choses qui me désignentsi distinctement M. Vernes, que je ne puis m’y méprendre : ilfalloit toute la maladresse de la colère pour laisser ces choses-là,voulant se cacher. Pour prouver que je ne suis point un savant,ce qui n’avoit assurément pas besoin de preuves, on m’a fait,dans le libelle, auteur d’un opéra et de deux comédies sifflées.Pourquoi deux comédies? Je n’en ai donné qu’une au théâtre;mais j’en avois une autre qui ne valoit pas mieux, dont j’avoisparlé à très peu de gens à Paris, et au seul M. Vernes à Genève;lui seul à Genève savoit que cette pièce existoit. Je suis, selonle libelle, un bouffon qui reçoit des nasardes à l'Opéra, et qu’onprostituoit marchant à quatre pattes sur le théâtre de la comédie.Mes liaisons avec M. Vernes suivirent immédiatement le tempsoù l’on m’ôta mes entrées à l’Opéra. J’en parlois avec lui quelque-fois; cette idée lui est restée. A l’égard de la comédie, il étoit na-turel qu’il fût plus frappé que tout autre de celle où je suis re-présenté marchant à quatre pattes, parcequ’il a eu de grandes liai-sons avec l’auteur : sans cela, ce souvenir n’eût point été naturelen pareille circonstance ; car dans ce rôle, où l’on me donne desridicules, on m’accorde aussi des vertus; ce qui n’est pas le comptede l’auteur du libelle. 11 compare mes raisonnements à ceux deLa Métrie, dont les livres sont généralement oubliés, ma’s qu’onsait être un des auteurs favoris de M. Vernes. En un mot, il y apeu de lignes dans tout le libelle où je n’aperçoive M. Vernes parquelquecôté. J’accorde qu’un autre pouvoit avoir les mêmes idées,mais non toutes à la fois dans la même occasion.

Si j'examine à présent ce qui s’est passé depuis la publicationdu libelle, j’y vois des soins pour me donner le change, mais qui