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Tome premier.
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A M. DE MALESHERBES. 719

coûtent; je me reposois agréablement au retour, en me livrant àl’impression des objets, mais sans peuser, sans imaginer, sansrien faire autre chose que sentir le calme et le bonheur de ma si-tuation. Je trouvois mon couvert mis sur ma terrasse. Je soupoisde grand appétit dans mon petit domestique ; nulle image de ser-vitude et de dépendance ne troubloit la hienveillance qui nousunissoit tous. Mon chien lui-même étoit mon ami, non monesclave ; nous avions toujours la même volonté, mais jamais il nem’a obéi. Ma gaieté durant toute la soirée témoignoit que j'avoisvécu seul tout le jour; j’étois bien différent quand j’avois vu dela compagnie, j’étois rarement content des autres, et jamais demoi. Le soir, j’étois grondeur et taciturne : cette remarque est dema gouvernante; et, depuis qu’elle me l’a dite, je lai toujourstrouvée juste en m’observant. Enfin, après avoir fait encore quel-ques tours dans mou jardin, ou chanté quelque air sur mon épi-nette, je trouvois dans mon lit un repos de corps et d'ame centfois plus doux que le sommeil même.

Ce sont là les jours qui ont fait le vrai bonheur de ma vie ;bonheur sans amertume, sans ennuis, sans regrets , et auquelj’aurois borné volontiers tout celui de mon existence. Oui, mon-sieur, que de pareils jours remplissent pour moi l’éternité, je n'endemande point d’autres, et n’imagine pas que je sois beaucoupmoinsheureux, dans ces ravissantes contemplations, que les intel-ligences célestes. Mais un corps qui soufre ôte à l’esprit sa liberté;désormais je ne suis plus seul, j’ai un hôte qui m’importune, ilfaut m’en délivrer pour être à moi ; et l’e.-s d que j’ai fait de cesdouces jouissances ne sert plus qu’à me. faire atendre avec moinsd'effroi le moment de les goûter sans disn aedon.

Mais me voici déjà à la fin de ma secon e f niiie. Il m’en fau-droit pourtant encore une. Encore une e tre donc, et puis plus.Pardon, monsieur ; quoique j’aime trop a p. r rr de moi, jen’aimepas à en parler avec tout le monde; c’ist . e qui me fait abuserde l’occasion, quand je l’ai et qu’elle me p ar Voilà mon tort etmon excuse. Je vous prie de la prendre h. i re.