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Tome quatrième.
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de l’inégalité parmi les hommes.ritablement le maifre, sont les liens qui retiennent ses enfantsdans sa dépendance, et il peut ne leur donner part à sa succes-sion qu’à proportion qu’ils auront bien mérité de lui par une con-tinuelle déférence à ses volontés. Or, loin que les sujets aientquelque faveur semblable à attendre de leur despote, comme ilslui appartiennent en propre, eux et tout ce qu’ils possèdent, oudu moins qu’il le prétend ainsi, ils sont réduits à recevoir commeune faveur ce qu’il leur laisse de leur propre bien : il fait justicequand il les dépouille ; il fait grâce quand il les laisse vivre.

En continuant d’examiner ainsi les faits par le droit, on netrouveront pas plus de solidité que de vérité dans l’établissementvolontaire de la tyrannie, et il seroit difficile de montrer la vali-dité d’un contrat qui n’obligeroit qu’une des parties , où l’on met-trait tout d’un côté et rien de l’autre , et qui ne tournerait qu’aupréjudice de celui qui s’engage. Ce système odieux est bien éloi-gné d’être , même aujourd’hui, celui des sages et bons monar-ques , et surtout des rois de France, comme on peut le voir endivers endroits de leurs édits, et en particulier dans le passagesuivant d’un écrit célèbre publié en 1667, au nom et par les or-dres de Louis XIV : « Qu'on ne dise donc point que le souverain« ne soit pas sujet aux lois de son état, puisque la proposition<i contraire est une vérité du droit des gens, que la flatterie a« quelquefois attaquée, mais que les bons princes ont toujours« défendue comme une divinité tutélaire de leurs états. Combien« est-il plus légitime de dire, avec le sage Platon, que la parfaite« félicité d’un royaume est qu’un prince soit obéi de ses sujets,« que le prince obéisse à la loi , et que la loi soit droite, et tou-« jours dirigée au bien du public (*) ! » Je ne m’arrêterai point

{’) Ce passage d'un écrit publié au «ont et par les ordres d'un prince qui, danstous ses ides d'administration intérieure comme dans sa conduite personnelle, a ma-nifesté des principes directement contraires, n'étonnera point quand on saura quel estcet écrit dans quelles circonstances et dans quilles r ues il a été publié. Ce n’est autreque l’csfèce de manifeste publié en effet an nom du roi, sous le titre de Traité desDroits ée la Reine très chrétienne sur divers étals de la monarchie d'Espagne(1667, in-4 0 , de l'Imprimerie royale), lorsque, après la mort de Philippe tv, et malgréles renor cia lions formelles consenties par Louis XIV dans son contrat de mariage, il sepréparoi: à faire une invasion dans les Pays-Bas. En se faisant considérer comme su-jet aux lois de son état, et conséquemment mis par elles-mêmes dans la nécessité deprendre les armes, il ne craignoit pas de se donner ce lien aux yeux des puissancesétrangères, bien sûr de n’être pas pris au mot par scs sujets. Au reste, dans ce mêmeécrit, qu peut passer pour un modèle dans Part de déguiser un manque de foi à l’aidede distiretions subtiles, et de raisonnements captieux, on voit l'auteur se bâter deprévenir les conséquences de la vérité qu'il vient d'énoncer, quand on y lit immédia-tement iprès le passage cité par Rousseau, que les rois sont les auteurs des lois