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Tome quatrième.
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côté, s’oblige à n’user du pouvoir qui lui est confié que selon l'in-tention des commettants, à maintenir chacun dans la paisiblejouissance de ce qui lui appartient, et à préférer en toute occasionl’utilité publique à son propre intérêt.

Avant que l’expérience eût montré, ou que la connoissanceducœur humain eût fait prévoir les abus inévitables d’une telle con-stitution , elle dut paroitre d’autant meilleure, que ceux quiétoiient chargés de veiller à sa conservation y étoient eux-mêmesles plus intéressés (*) : car la magistrature et ses droits n’étantétablis que sur les lois fondamentales, aussitôt qu’elles seroientdétruites, les magistrats cesseroient d’être légitimes , le peuple neseroit plus tenu de leur obéir; et comme ce n’auroit pas été lemagistrat, mais la loi, qui aurait constitué l’essence de l’état,chacun rentrerait de droit dans sa liberté naturelle.

I’our peu qu’on y réfléchit attentivement, ceci se confirmeraitpar de nouvelles raisons; et par la nature du contrat on verraitqu’il ne saurait être irrévocable ; car s'il n’y avoit point de pouvoirsupérieur qui pût être garant de la fidélité des contractants, niles forcer à remplir leurs engagements réciproques, les parties de-meureraient seules juges dans leur propre cause, et chacune d’el-les aurait toujours le droit de renoncer au contrat sitôt qu’elletrouveroit que l’autre en enfreint les conditions, ou qu'elles ces-seroient de lui convenir. C’est sur ce principe qu’il semble que ledroit d’abdiquer peut être fondé. Or, à ne considérer, commenous faisons , que l’institution humaine , si le magistrat, qui atout le pouvoir en main et qui s’approprie tous les avantages ducontrat, avoit pourtant le droit de renoncer à l’autorité, à plusforte raison le peuple, qui paie toutes les fautes des chefs, devraitavoir le droit de renoncer à la dépendance. Mais les dissensionsaffreuses, les désordres infinis qu’entraineroit nécessairement cedangereux pouvoir, montrent plus que toute autre chose combienles gouvernements humains avoient besoin d’une base plus solideque la seule raison, et combien il étoit nécessaire au repos publicque la volonté divine intervînt pour donner à l’autorité souveraineun caractère sacré et inviolable qui ôtât aux sujets le funeste droitd’en disposer. Quand la religion n’auroit fait que ce bien auxhommes, c'en seroit assez pour qu’ils dussent tous la chérir etl’adopter, même avec ses abus, puisqu’elle épargne encore plus

(•;; VAR. de l'édition originale, le plus intéressés.