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qui ne se trouvent pas dans les animaux voraces. Il semble donc que l’bomm e,ayant les dents et les intestins comme tes ont les animaux frugivores , devroitnaturellement être rangé dans celte classe ; et non seulement les observationsanatomiques confirment cette opinion , mais les monuments de l’antiquité ysont encore très favorables. « Dicéarque, dit saint Jérôme, rapporte, dans ses« livres des antiquités grecques, que, sous le règne de Saturne, où la terre« étoit encore fertile par elle-même, nul homme ne raangeoit de chair, mais« que tous vivoient des fruits et des légumes qui croissoient naturellement, a( Lib. il, adc. Joiinian. ) Cette opinion se peut encore appuyer sur les rela-tions de plusieurs voyageurs modernes. François Corréal témoigne entre au-tres que la plupart des habitants des Lucayes que les Espagnols Iransportè-rentaux îles de Cuba, de Saint-Domingue et ailleurs, moururent pour avoirmangé de la chair. On peut voir par-là que je néglige bien des avantages queje pourvois faire valoir. Car la proie étant presque l'unique sujet de combatentre animaux carnassiers, et les frugivores vivant entre eux dans une paixcontinuelle, si l’espèce humaine étoit de ce dernier genre, il est clair qu’elleauroit eu beaucoup plus de facilité à subsister dans l’état de nature, beaucoupmoins de besoin et a’occasions d’en sortir.
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(6) Toutes les connoissanccs qui demandent de la réflexion, toutes celles quine s’acquièrent que par l'enchantement des idées et ne se perfectionnent que-successivement, semblent être tout-à-fait hors de la portée de l’homme sau-vage, faute de communication avec ses semblables, c’est-à-dire faute de l'in-strument qui sert à cette communication et des besoins qui la rendent néces-saire. Son savoir et son industrie se bornent à sauter, courir, se battre, lancerune pierre, escalader un arbre. Mais s’il ne sait que ces choses, en revancheil les sait beaucoup mieux que nous qui n’en avons pas le même besoin quelui; et comme elles dépendent uniquement de l’exercice du corps, et ne sontsusceptibles d’aucune communication ni d'aucun progrès d’un individu àl’autre, le prem'er homme a pu y être tout aussi habile que ses derniers des-cendants.
Les relations des voyageurs sont pleines d’exemples de la force et de lavigueur des hommes chez les nations barbares et sauvages; elles ne vantentguère moins leur adnssc et leur légèreté : et comme il ne faut que des yeuxpour observer ces choses, rien n’empêche qu’on n'ajoute foi à ce que certi-fient là-dessus des témoins oculaires ; j’en tire au hasard quelques exemplesdes prenrers livres qui me tombent sous la main.
« Les Hottentots, dit Kolben, entend, nt mieux la pêche que les Européens« du Cap. Leur habileté est égale au filet, à l’hameçon et au dard , dans les« anses comme dans les rivières. Ils ne prennent pas moins habilement le« poisson avec la main. Ils sont d'une adresse incomparable à la nage. Leur« manière de nager a quelque chose de surprenant et qui leur est tout-à fait« propre. Ils nagent le corps droit et les mains étendues hors de l’eau, de« sorte qu'ils paroisseut marcher sur la terre. Dans la plus grande agitation« de la mer, et lorsque les flots forment autant de montagnes, ils dansent na« quelque sorte sur le dos des vagues, montant et descendant comme un mor-« ceau de liège.
« Les Hottentots, dit encore le même auteur, sont d’une adresse surpre-