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Tome quatrième.
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NOTES.

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sociétés ont commencé; et, sous prétexte de faire \ivre les pauvres, qu’iln'eût pas fallu faire, il appauvrit tout le reste, et dépeuple l’état tôt ou tard.

Le luxe est un remède beaucoup pire que le mal qu’il prétend guérir; ouplutôt il est lui-même le pire de tous les maux dans quelque état, grand oupetit, que ce puisse être, et qui, pour nourrir des foules de valets et de mi-sérables qu’il a faits, accable et ruine le laboureur et le citoyen ; semblable àces vents brûlants du midi qui, couvrant l’herbe et la verdure d'insectes dé-vorants , ôtent la subsistance aux animaux utiles, et portent la disette et lamort dans tous les lieux où ils se font sentir.

De la société et du luxe qu’elle engendre naissent les arts libéraux et méca-niques, le commerce, les lettres, et toutes ces inutilités qui font fleurir l’in-dustrie , enrichissent et perdent les états. La raison de ce dépérissement esttrès simple. Il est aisé de voir que, par sa nature, l’agriculture doit être lemoins lucratif de tous les arts, pareeque son produit étant de l’usage le plusindispensable pour tous les hommes, le prix en doit être proportionné auxfacultés des plus pauvres. Du même principe on peut tirer celte règle, qu’engénéral les arts sont lucratifs en raison inverse de leur utilité, et que les plusnécessaires doivent enfin devenir les plus négligés. Par où l’on voit ce qu’ilfaut penser des vrais avantages de l’industrie, et de l’effet réel qui résulte descs progrès.

Telles sont les causes sensibles de toutes les misères où l’opulence précipiteenfin les nations les plus admirées. A mesure que l’industrie et les arts s’éten-dent et fleurissent , le cultivateur méprisé, chargé d’impôts nécessaires à l’en-tretien du luxe, et condamné à passer sa vie entre le travail et la faim, aban-donne ses champs pour aller chercher dans les villes le pain qu’il y devroitporter. Plus les capitales frappent d’admiration les yeux stupides du peuple,plus il faudroit gémir de voir les campagnes abandonnées, les terres en fri-che , et les grands chemins inondés de malheureux citoyens devenus men-diants ou voleurs, et destinés (à finir un jour leur misère sur la roue ou surun fumier. C’est ainsi que l’état, s’enrichissant d’un côté, s’affoiblit et se dé-peuple de l’autre, et que les plus puissantes monarchies, après bien des tra-vaux pour se rendre opulentes et désertes, finissent par devenir la proie desnations pauvres qui succombent à la funeste tentation de les envahir, et quis’enrichissent et s’affoiblissent à leur tour, jusqu’à ce qu’elles soient elles-mêmes envahies et détruites par d’autres.

Qu’on daigne nous expliquer une fois ce qui avoit pu produire ces nuées debarbares qui > durant tant de siècles, ont inondé l’Europe, l’Asie et l’Afrique.Etoit-ce à l’industrie de leurs arts, à la sagesse de leurs lois, à l’excellence deleur police, qu’ils dévoient cette prodigieuse population ? Que nos savantsveuillent bien nous dire pourquoi, loin de multiplier à ce point, ces hommesféroces et brutaux, sans lumières, sans frein, sons éducation, ne s’entr’é-gorgeoient pas tous à chaque instant pour se disputer leur pâture ou leurchasse : qu’ils nous expliquent comment ces misérables ont eu seulement lahardiesse de regarder en face de si habiles gens que nous étions, avec une sibelle discipline militaire, de si beaux codes et de si sages lois ; enfin pourquoi,depuis que la société s’est perfectionnée dans les pays du nord, et qu’on y atant pris de peine pour apprendre aux hommes leurs devoirs mutuels et l’artde vivre agréablement et paisiblement ensemble, on n’en voit plus rien sortirde semblable à ces multitudes d’bommes qu’il produisoit autrefois. J’ai bien