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Tome quatrième.
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NOTES.

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peur que quelqu’un ne s’avise à la fin de me repondre que toutes ces grandeschoses, savoir, les arts, les sciences et les lois, ont été très sagement inventéespar les hommes comme une peste salutaire pour prévenir l'excessive multi-plication de l’espèce, de peur que ce monde, qui nous est destiné, ne devintà la fiu trop petit pour ses habitants.

Quoi donc ! faut-il détruire les sociétés, anéantir le tien et le mien, et re-tourner vivre dans les forêts avec les ours? conséquence à la manière de mesadversaires, que j’aime autant prévenir que de leur laisser la honte de la ti-rer. O vous à qui la voix céleste ne s'est point fait entendre, et qui ne recon-noissez pour votre espèce d’autre destination que d’achever en paix cettecourte vie; vous qui pouvez laisser au milieu des villes vos funestes acquisi-tions , vos esprits inquiets, vos cœurs corrompus et vos désirs effrénés ; rc-,prenez, puisqu'il dépend de vous, votre antique et première innocence; allezdans les bois perdre la vue et la mémoire des crimes de vos contemporains,et ne craignez point d’avilir votre espèce en renonçant à ses lumières pourrenoncer à ses vices. Quant aux hommes semblables à moi, dont les passionsont détruit pour toujours l'originelle simplicité, qui ne peuvent plus senourrir d'herbes et de glands, ni se passer de lois et de chefs ; ceux qui fu-rent honorés dans leur premier père de leçons surnaturelles; ceux qui ver-ront, dans l'intention de donner d’abord aux actions humaines une moralitéqu’elles n’eussent de long-temps acquise, la raison d’un précepte indifférentpar lui-même et inexplicable dans tout autre système; ceux, en un mot, quisont convaincus que la voix divine appela tout le genre humaiu aux lumièresclan bonheur des célestes intelligences : tous ceux-là tâcheront, par l’exer-cice des vertus, qu’ils s'obligent à pratiquer en apprenant à les connoître, demériter le prix éternel qu’ils en doivent atteudre; ils respecteront h-s sacrésliens des sociétés'dontils sont les membres; ils aimeront leurs semblables, etles serviront de tout leur pouvoir ; ils obéiront! scrupuleusement aux lois, etaux hommes qui en sont les auteurs et les ministres; ils honoreront surtoutles bons et sages princes qui sauront prévenir, guérir ou pallier cetlefoule d’abus et de maux toujours prêts à nous accabler ; ils animeront le zèlede ces dignes chefs, en leur montrant, sans crainte et sans flatterie, la gran-deur de leur tâche et la rigueur de leur devoir : mais ils n'en mépriseront pasmoins une conslituti .011 qui ue peut se maintenir qu’à l’aide de tant de gensrespectables qu’on désire plus souvent qu’on ne les obtient, et de laquelle ,malgré tous leurs soins, naissent toujours plus de calamités réelles que n’a van -tages apparents '.

Page 140.

(10) Parmi les hommes que nous counoissons, ou par nous-mêmes, ou par, les historiens, ou parles voyageurs, les uns sont noirs, les autres blancs,- les antres ronges; les uns portent de longs cheveux, les autres n’ont{ que la laine frisée; les uns sont presque tous velus, les autres 11 ’ont pas même? de barbe. Il y a eu, et il y a peu-létre encore, des nations d’hommes d’une’• taille gigantesque ; et laissant à part la fable des Pygmées, qui peut bien n'è-fre qu’une exagération, on sait que les Lapons, et surtout les Groënlandois,sont fort an-dessous de la taille moyenne de l’homme. Ou prétend meme qu’ily a des peuples entiers qui ont des queues comme les quadrupèdes. Et, sans

C) Voyez ci-devant la note de la page 167.