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Tome quatrième.
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NOTES.

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S « Ils marchent quelquefois en troupes, et tuent les nègres qui traversenti « les forêts. Ils tombent même sur les éléphants qui viennent paître dans les| « lieux qu’ils habitent, et les incommodent si fort à coups de poing ou de| « bàtoa, qu’ils les forcent à prendre la fuite en poussant des cris. On nej h prend jamais de pongos en vie, parcequ’ils sont si robustes que dix hommesi> ne suiffiroient pas pour les arrêter : mais les nègres en prennent quantité« de jeunes après avoir tué la mère, au corps de laquelle le petit s’attache« fortement. Lorsqu’un de ces animaux meurt, les autres couvrent son corps« d'un amas de branches ou de feuillages. Purchass ajoute que, dans les con-« versa tions qu’il avoit eues avec Batlel, il avoit appris de lui-même qu’un« pongo lui enleva un petit nègre qui passa un mois entier dans la société deh ces animaux; car ils ne font aucun mal aux hommes qu’ils surprennent,« du moins lorsque ceux-ci ne les regardent point, comme le petit nègre l’a-« voit observé. Batlel n’a point décrit la seconde espèce de monstre.

« Dapper confirme que le royaume de Congo est plein de ces animaux qui« portent aux Indes le nom d'orangs-outangs, c’est-à-dire habitants des bois,ii et que les Africains nomment qttojas-morros. Cette bête, dit-il, est si sem-« blable à l’homme, qu’il est tombé dans l’esprit à quelques voy ageurs qu’elle« pouvoit être sortie d’une femme et d’uu singe : chimère que les nègres« mêmes rejettent. Un de ces animaux fut transporté du Congo en Hollande,« et présenté au prince d’Orange, Frédéric-Henri. Il étoit de la hauteur« d’un enfant de trois ans, et d’un embonpoint médiocre, mais carré et bien« proportionné, fort agile et fort vif, les jambes charnues et robustes, tout ledevant du corps nu, mais le derrière couvert de poils noirs. A la première« vue, sou visage ressembloit à celui d’un homme, mais il avoit le nez plat et« recourbé ; ses oreilles étoient aussi celles de l’espèce humaine ; son sein (car« c’étoit une femelle) étoit potelé, son nombril enfoncé, ses épaules fort bien« jointes, ses mains divisées en doigts et en pouces, ses mollets et ses talonsii gras et charnus. Il marchoit souvent droit sur ses jambes, il étoit capablea de lever et porter des fardeaux assez lourds. Lorsqu’il vouloit boire, il pre-« noit d’une main le couvercle du pot, et tenoit le fond de l’autre ; ensuite il« s’essuyoit gracieusement les lèvres. Il se couchoit, pour dormir, la tête sur« un coussin, se couvrant avec tant d’adresse qu’on l’auroit pris pour un« homme au lit. Les nègres font d’étranges récits de cet animal : ils assurent« non seulement qu’il force les femmes et les tilles, mais qu’il ose attaquer des« hommes armés. Eu un mot, il y a beaucoup d’apparence que c’est le satyre« des anciens. Merolla ne parle peut être que de ces animaux, lorsqu’il racon'eè»| que les nègres prennent quelquefois dans leurs chasses des hommes et des, ii femmes sauvages. »

Il est encore parlé de ces espèces d’animaux anthropoformes dans le troi-sième tome de la même Histoire des Voyages, sous le nom de beggos et demandrills : mais, pour nous en tenir aux relations précédentes, on trouvedans la description de ces prétendus monstres des conformités frappantes avecl’espèce humaine, et des différences moindres que celles qu’on pourroit assi-gner d’homme à homme. On ne voit point dans ces passages les raisons surlesquelles les auteurs se fondent pour refuser aux animaux eu question le nomd’hommes sauvages : mais il est aisé de conjecturer que c’est à cause de leurstupidité, et aussi parcequ’ils ne parloicnt pas; raisons foibles pour ceux quisavent que, quoique l’organe de la parole soit naturel à l’homme, la parole