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Tome quatrième.
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202 NOTES.

elle-même ne lui est pourtant pas naturelle, et qui connoissent jusqu’à quelpoint sa perfectibilité peut avoir élevé l'homme civil au-dessus de son état ori-ginel. Le petit nombre de lignes que contiennent ces descriptions nous peutfaire juger combien ces animaux ont été mal observés et avec quels préjugésils ont été vus. Par exemple, ils sont qualifiés de monstres, et cependant ouconvient qu'ils engendrent. Dans un endroit, Battel dit que les pongos tuentles nègres qui traversent les forêts ; dans un autre, Purchass ajoute qu’ils neleur font aucun mal, même quand ils les surprennent, du moins lorsque lesnègres ne s’attachent pas à les regarder. Les pongos s’assemblent autour desfeux allumés par les nègres quand ceux-ci se retirent, et se retirent à leur tourquand le feu est éteint; voilà le fait : voici maintenant le commentaire de l'ob-servateur; car, avec beaucoup d’adresse . i.'s n’ont pas assez de sens pourl’entretenir en y apportant du bois. Je voudrais deviner comment Battel, ouPurchass, son compilateur, a pu savoir que la retraite des pongos étoit uneffet de leur bêtise plutôt quo de leur volonté. Dans un climat tel que Loango,le feu n’est pas une chose fort nécessaire aux animaux ; et si les nègres en al-lument, c’est moins contre le froid que pour effrayer les bêtes féroces : il estdonc 1res simple qu’après avoir été quelque temps réjouis par la flamme, ous’être bien réchauffés , les pongos s’ennuient de rester toujours à la mêmeplace, et s’en aillent à leur pâture, qui demande plus de temps que s’ds man-geoient de la chair. D’ailleurs on s.it que la plupart des animaux, sans en ex-cepter l’homme, sont naturellement paresseux, et qu’ils se refusent à toutessortes de soins qui ne sont pas d’une absolue nécessité. Enfin il paraît fortétrange que les pongos, dont on vante l’adresse et la force, les pongos qui sa-vent enterrer leurs morts et se faire des toits de branchages, ne sachent paspousser des tisons dans le feu. Je me souviens d’avoir vu un singe faire cettemême manœuvre qu’on ne veut pas que les pongos puissent faire : il est vraique mes idées n’étant pas alors tournées de ce côté, je fis moi-même la fauteque je reproche à nos voyageurs, et je négligeai d'examiner si l’intention dusinge étoit en effet d’entretenir le feu, ou simplement, comme je crois, d’imi-ter l’action d’un homme. Quoi qu’il en soit, il est bien démontré que le singeu’est pas une variété de l’homme, non seulement pareequ’il est privé delà faculté’!de parler, mais surtout parecqu’on est sûr que son espèce n’a point celle de seperfectionner, qui est le caractère spécifique de l’espèce humaine : expérien-ces qui ne paraissent pas avoir été faites sur le pongo et l’orang-outang avecassez de soin pour < n pouvoir tirer la même conclusion. Il y auroit pourtantun moyen par lequel, si l’orang-outang ou d’autres étoient de l’espèce hu-maine, les observateurs les plus grossiers pourraient s’en assurer même avecdémonstration : mais outre qu’une seule génération ne suffirait pas pour cetteexpérience, elle doit passer pour impraticable, pareequ’il faudrait que ce quin’est qu’une supposition fût démontré vrai, avant que l’épreuve qui devraitconstater le fait pût être tentée innocemment.

Les jugements précipités, qui ne sont point le fruit d’une raison éclairée,sont sujets à donner dans l’excès. Nos voyageurs font sans façon des bêtessous les noms de pongos, de mandrills, d’orangs-outangs, de ces mêmes êtresdont, sous les noms de satyres, de faunes, de sylvains, les anciens faisoientdes divinités. Peut-être, après des recherches plus exactes, trouvera-t-on quece ne sont ni des bêtes ni des dieux, mais des hommes. En attendant, il meiparoit qu’il y a bien autant de raison de s’en rapporter là-dessus à Merolla,