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cité de s'en rapporter là-dessus à des voyageurs grossiers, sur lesquels on se-roit quelquefois tenté de faire la même question qu’ils se mêlent de résoudresur d’autres animaux.
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(t I) Cela me paroît de la dernière évidence, et je ne saurois concevoir d'oùnos philosophes peuvent fa’re naître toutes les passions qu’ils prêtent à l'hommenaturel. Excepté le seul nécessaire physique, que la nature même demande,tous nos autres besoins ne sont tels que par l'habitude, avant laquelle ils n’é-toicut point des besoins, ou par nos désirs, et l'on ne desire point ce qu’onn’est pas en état de conuoitre. D’où il suit que l'homme sauvage ne désirantque les choses qu’il connoit, et ne connoissant que celles dont la possession esten son pouvoir, ou facile à acquérir, rieu ne doit être si tranquille que son ameet rien si borné que son esprit.
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(I2j Je trouve dans le gouvernement civil de Locke une objection qui meparoit trop spécieuse pour qu'il me soit permis de la dissimuler. « La fin de« la société enlre le mâle et la femelle, dit ce philosophe, n'étant pas simple-« ment de procréer, mais de continuer l'espèce, cette société doit durer, même« après la procréation, du moins aussi long temps qu'il est nécessaire pour« la nourriture et la conservation des procréés, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’ilsc soient capables de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins. Cette règle, que la« sagesse infinie du Créateur a établie sur les œuvres de ses mains, nousii voyons que les créatures inférieures à l’homme l’observent constamment et« avec exactitude. Dans ces animaux qui vivent d’herbe, la société entre le« mâle et la femelle ne dure pas plus long temps que chaque acte de copu-« lation, pareeque les mamelles de la mère étant suffisantes pour nourrir les« petits jusqu’à ce qu'ils soient capables de paître l’herbe, le mâle se contente« d'engendrer, et il ne se mêle plus après cela de la femelle ni des petits, à laii subsistance desquels il ne peut rien contribuer. Mais au regard des bêtes« de proie, la société dure plus long-temps, à cause que la mère ne pouvant« pas bien pourvoir à sa subsistance propre et nourrir en même temps ses pe-« lits par sa seule proie, qui est une voie de se nourrir et plus laborieuse et« plus dangereuse que n’est celle de se nourrir d’herbe, l’assistance du mâle« est tout-à-fait nécessaire pour le maintien de leur commune famille, si l'onii peut user de ce terme ; laquelle, jusqu’à ce qu’elle puisse aller chercher« quelque proie, ne sauroit subsister que par les soins du mâle et de la femelle.« On remarque la même chose dans tous les oiseaux, si l’on excepte quelques« oiseaux domestiques qui se trouvent dans des lieux où la continuelle abon-« dance de nourriture exempte le mâle du soin de nouixir les petits ; on voit« que pendant que les petits dans leur nid ont besoin d'aliments, le mâle et la« femelle y en portent jusqu’à ce que ces petits-là puissent voler et pourvoir« à leur subsistance.
« Et en cela, à mon avis, consiste la principale si ce n’est la seule raison« pourquoi le mâle et la femelle, dans le genre huma’n, sont obligés à uneh société plus longue que n’entretiennent les autres créatures. Cette raisons est que la femme est capable de concevoir, et est pour l’ordinaire derechef