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Tome quatrième.
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308 JUGEMENT SUE LA POLYSYNODIE.

dants du prince, peuvent-ils jamais entrer comme parties inté-grantes dans la constitution de l’état, et même avoir une in-fluence réelle dans les affaires? Questions préliminaires qu'il fal-loit discuter, et qui ne semblent pas faciles à résoudre : car s’ilest vrai que la pente naturelle est toujours vers la corruption etpar conséquent vers le despotisme, il est difficile de voir parquelles ressources de politique le prince, même quand il le vou-droit, pourroit donner à cette pente une direction contraire, quine pût être changée par ses successeurs ni par leurs ministres.L’abbé de Saint-Pierre ne prétendoit pas, à la vérité, que sa nou-velle forme ôtât rien à l’autorité royale ; car il donne aux conseilsla délibération des matières, et laisse au roi seul la décision : cesdifférents conseils, dit-il, sans empêcher le roi de faire tout cequ’il voudra, le préserveront souvent de vouloir des choses nui-sibles à sa gloire et à son bonheur; ils porteront devant lui leflambeau de la vérité, pour lui montrer le meilleur chemin et legarantir des pièges. Mais cet homme éclairé pouvoit-il se payerlui-même de si mauvaises raisons ? espéroit-il que les yeux desrois pussent voir les objets à travers les lunettes des sages? Nesentoit-il pas qu’il falloit nécessairement que la délibération desconseils devînt bientôt un vain formulaire, ou que l’autoritéroyale en fût altérée?et n’avouoit-il pas lui-même que c’étoit in-troduire un gouvernement mixte, où la forme républicaine s'al-lioit à la monarchie? En effet, des corps nombreux, dont le choixne dépendroit pas entièrement du prince, et qui n’auroient pareux-mêmes aucun pouvoir, deviendroient bientôt un fardeau inu-tile à l’état ; sans mieux faire aller les affaires, ils ne feroient qu’enretarder l’expédition par de longues formalités, et, pour me ser-vir de ses propres termes, ne seraient que des conseils de parade.Les favoris du prince, qui le sont rarement du public, et qui, parconséquent, auroient peu d’influence dans les conseils formés auscrutin, décideroient seuls toutes les affaires ; le prince n’assiste,roit jamais aux conseils sans avoir déjà pris son parti sur tout cequ’on y devroit agiter, ou n’en sortiroit jamais sans consulter denouveau dans son cabinet avec ses favoris sur les résolutions qu’ony auroit prises ; enfin, il faudroit nécessairement que les conseilsdevinssent méprisables, ridicules, et tout-à-fait inutiles, ou queles rois perdissent de leur pouvoir : alternative à laquelle ceux-cine s’exposeront certainement pas, quand même il en devroit ré-sulter le plus grand bien de l’état et le leur.