CHAPITKE VII.
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ter les voix par tête de nonce, mais de les compter par palatinats.On ne sauroit trop réfléchir sur ce changement avant que de l’a-dopter, quoiqu’il ait ses avantages et qu’il soit favorable à laforme fédérative. Les voix prises par masse et collectivementvont toujours moins directement à l’intérêt commun que prisességrégativement par individu. Il arrivera très souvent que parmiles nonces d’un palatinat un d’entre eux, dans leurs délibérationsparticulières, prendra l’ascendant sur les autres, et déterminerapour son avis la pluralité, qu’il n’auroit pas si chaque voix de-meuroit indépendante. Ainsi les corrupteurs auront moins à faireet sauront mieux à qui s’adresser. De plus, il vaut mieux quechaque nonce ait à répondre pour lui seul à sa diétine, afin quenul ne s’excuse sur les autres, que l’innocent et le coupable nesoient pas confondus, et que la justice distributive soit mieux ob-servée. Il se présente bien des raisons contre cette forme, qui re-lâcheroit beaucoup le lien commun, et pourroit, à chaque diète,exposer l'état à se diviser. En rendant les nonces plus dépen-dants de leurs instructions et de leurs constituants, on gagne àpeu près le même avantage sans aucun inconvénient. Ceci sup-pose, il est vrai, que les suffrages ne se donnent point par scru-tin, mais à haute voix, afin que la conduite et l’opinion de cha-que nonce à la diète soient connues, et qu’il en réponde en sonpropre et privé nom. Mais cette matière des suffrages étant unede celles que j’ai discutées avec le plus de soin daDS le Contratsocial (*), il est superflu de me répéter ici.
Quant aux élections , on trouvera peut-être d’abord quelqueembarras à nommer à la fois dans chaque diète tant de sénateursdéputés, et en général aux élections d’un grand nombre sur unplus grand nombre qui reviendront quelquefois dans le projet quej’ai à proposer; mais, en recourant pour cet article au scrutin,l’on ôteroit aisément cet embarras au moyen de cartons impriméset numérotés qu’on distribueroit aux électeurs la veille de l’élec-tion , et qui contiendraient les noms de tous les candidats entrelesquels cette élection doit être faite. Le lendemain les électeursviendraient à la file rapporter dans une corbeille tous leurs car-tons, après avoir marqué, chacun dans le sien, ceux qu'il élit ouceux qu’il exclut, selon l’avis qui serait en tête des cartons. Ledéchiffrement de ces mêmes cartons se ferait tout de suite, enprésence de l’assemblée, par le secrétaire de la diète, assisté de(‘) Livre iv, chap, 2 et 4.