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Tome quatrième.
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496 GOUVERNEMENT DE POLOGNE.

dustrie et les arts, et où par conséquent l’administration munici-pale seroit la meilleure. Ces villes anoblies pourroient, à l’instardes villes impériales, envoyer des nonces à la diète ; et leur exem-ple ne manqueroit pas d’exciter dans toutes les autres un vif désird’obtenir le même honneur.

Les comités censoriaux chargés de ce département de bienfai-sance, qui jamais, à la honte des rois et des peuples, n’a encoreexisté nulle part, seroient, quoique sans élection, composés dola manière la plus propre à remplir leurs fonctions avec zèle etintégrité, attendu que leurs membres, aspirant aux places sénato-riales où mènent leurs grades respectifs, porteroient une grandeattention à mériter par l’approbation publique les suffrages de ladiète; et ce seroit une occupation suffisante pour tenir ces aspi-rants en haleine et sous les yeux du publie dans les intervallesqui pourroient séparer leurs élections successives. Remarquezque cela se feroit cependant sans les tirer, pour ces intervalles, del’état de simples citoyens gradués, puisque cette espèce de tribu-nal, si utile et si respectable, n’ayant jamais que du bien à faire,ne seroit revêtu d’aucune puissance coactive : ainsi je ne multipliepoint ici les magistratures, mais je me sers, chemin faisant, dupassage de l’une à l’autre pour tirer parti de ceux qui les doiventremplir.

Sur ce plan gradué dans son exécution par une marche succes-sive, qu’on pourroit précipiter, ralentir, ou même arrêter, selonson bon ou mauvais succès, on n’avanceroit qu’à volonté, guidépar l’expérience ; on allumerait dans tous les états inférieurs unzèle ardent pour contribuer au bien public ; on parviendroit enfinà vivifier toutes les parties de la Pologne, et à les lier de manièreà ne faire plus qu’un même corps, dont la vigueur et les forcesseroient au moins décuplées de ce qu’elles peuvent être aujour-d’hui; et cela avec l’avantage inestimable d’avoir évité tout chan-gement vif et brusque, et le danger des révolutions.

Vous avez une belle occasion de commencer cette opérationd’une manière éclatante et noble, qui doit faire le plus grand ef-fet. Il n’est pas possible que, dans les malheurs que vient d’essuyerla Pologne, les confédérés n’aient reçu des assistances et des mar-ques d’attachement de quelques bourgeois, et même de quelquespaysans. Imitez la magnanimité des Romains, si soigneux, aprèsles grandes calamités de leur république, de combler des témoi-gnages de leur gratitude les étrangers, les sujets, les esclaves, et