CHAPITRE XIV.
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même jusqu’aux animaux, qui durant leurs disgrâces leur avaientrendu quelques services signalés. 0 le beau début, à mon gré,que de donner solennellement la noblesse à ces bourgeois et lafranchise à ces paysans, et cela avec toute la pompe et tout l’ap-pareil qui peuvent rendre cette cérémonie auguste, touchante etmémorable! Et ne vous en tenez pas à ce début. Ces hommesainsi distingués doivent demeurer toujours les enfants de choixde la patrie. Il faut veiller sur eux, les protéger, les aider, lessoutenir, fussent-ils même de mauvais sujets. Il faut à tout prixles faire prospérer touteleur vie, afin que, par cet exemple missousles yeux du public, la Pologne montre à l’Europe entière ce quedoit attendre d’elle dans ses succès quiconque osa l’assister danssa détresse.
Voilà quelque idée grossière et seulement par forme d’exemplede la manière dont on peut procéder, pour que chacun voie de-vant lui la route libre pour arriver à tout, que tout tende gra-duellement, en bien servant la patrie, aux rangs les plus honora-bles, et que la vertu puisse ouvrir toutes les portes que la fortunese plaît à fermer.
Mais tout n’est pas fait encore, et la partie de ce projet qui mereste à exposer est sans contredit la plus embarrassante et la plusdifficile ; elle offre à surmonter des obstacles contre lesquels laprudence et l’expérience des politiques les plus consommés onttoujours échoué. Cependant il me semble qu’en supposant monprojet adopté, avec le moyen très simple que j’ai à proposer, toutesles difficultés sont levées, tous les abus sont prévenus, et ce quisembloit faire un nouvel obstacle se tourne en avantage dansl’exécution.
CHAPITRE XIV.
Élection des rois.
Toutes ces difficultés se réduisent à celle de donner à l’état unchef dont le choix ne cause pas des troubles, et qui n’attente pas àla liberté. Ce qui augmente la même difficulté est que ce chefdoit être doué des grandes qualités nécessaires à quiconque osegouverner des hommes libres. L’hérédité de la couronne prévientles troubles, mais elle amène la servitude ; l’élection maintient laliberté, mais à chaque règne elle ébranle l’état. Cette alternativeest fâcheuse ; mais, ayant de parler des moyens de l’éviter, qu’on