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Tome quatrième.
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506 GOUVERNEMENT DE POLOGNE,

les traités. Il faut tâcher d’en faire avec elle un pour vingt ans,aussi fort, aussi clair qu’il sera possible. Ce traité, tant qu’uneautre puissance cachera ses projets, sera le meilleur, peut-être leseul garant que vous puissiez avoir ; et, dans l’état ou la présenteguerre laissera vraisemblablement la Russie, j’estime qu’il peutvous suffire pour entreprendre avec sûreté votre ouvrage ; d’au-tant plus que l’intérêt commun des puissances de l’Europe, et sur-tout de vos autres voisins, est de vous laisser toujours pour bar-rière entre eux et les Russes, et qu’à force de changer de folies ilfaut bien qu’ils soient sages au moins quelquefois.

Une chose me fait croire que généralement on vous verra sansjalousie travailler à la réforme de votre constitution ; c’est quecet ouvrage ne tend qu’à l’affermissement de la législation, parconséquent de la liberté, et que cette liberté passe dans toutes lescours pour une manie de visionnaires qui tend plus à affoiblirqu’à renforcer un état. C’est pour cela que la France a toujoursfavorisé la liberté du corps germanique et de la Hollande, et c’estpour cela qu’aujourd’bui la Russie favorise le gouvernement pré-sent de Suède, et contrecarre de toutes ses forces les projets duroi. Tous ces grands ministres qui, jugeant les hommes en géné-ral sur eux-mêmes et ceux qui les entourent, croient les con-noître, sont bien loin d’imaginer quel ressort l'amour de la patrieet l’élan de la vertu peut donner à des âmes libres. Ils ont beauêtre les dupes de la basse opinion qu’ils ont des républiques, et ytrouver dans toutes leurs entreprises une résistance qu’ils n’atten-doientpas, ils ne reviendront jamais d’un préjugé fondé sur lemépris dont ils se sentent dignes, et sur lequel ils apprécient legenre humain. Malgré l’expérience assez frappante que les Russesviennent de faire en Pologne, rien ne les fera changer d’opinion.Ils regarderont toujours les hommes libres comme il faut lesregarder eux-mêmes, c’est-à-dire comme des hommes nuis, surlesquels deux seuls instruments ont prise, savoir l’argent et leknout. S’ils voient donc que la république de Pologne, au lieu des’appliquer à remplir ses coffres, à grossir ses finances, à leverbien des troupes réglées, songe au contraire à licencier son arméeet à se passer d’argent, ils croiront qu’elle travaille à s’affoiblir ;et, persuadés qu’ils n’auront pour en faire la conquête qu’à s’yprésenter quand ils voudront, ils la laisseront se régler tout à sonaise, en se moquant en eux-mêmes de son travail. Et il faut con-venir que l’état de liberté ôte à un peuple la force offensive, et