TABLEAU DE LA CONSTITUTION DE GENÈVE. 521
et à la législation, avec cette différence entre elles qu’il n’v avoit queles citoyens qui pussent pai venir aux principales magistratures. Le ci'toyendevoil être fi's d’un citoyen ou d’un bourgeois, et être né dans laville. Le bourgeois éloit celui qui avoit obtenu des lettres de bourgeoi-sie; elles lui donnoient le droit de se livrer à tous les genres de com-merce, et il népouvoit être expulsé que par jugement. Le fils d’unbourgeois restoit bourgeois comme son père , s’il naissoit hors du ter-ritoire. Le nombre des citoyens et bourgeois ensemble n’a jamais excèdeseize cents.
La classe des habitants se composoit des étrangers qui avoient achetéle droit d’habiter dans la ville.
Les natifs étoient les enfants de ces habitants , nés dans la ville.Quoiqu’ils eussent acquis quelques prérogatives dont leurs pères étoientprivés, ils n’avoient le droit de faire aucun commerce, beaucoup deprofessions leur étoient interdites, et cependant c’étoit sur eux princi-palement que portoit le fardeau des impôts. En toute e-pcce déchargépublique la personne et les propriété^du natif étoient taxées plus quecelles du citoyen et du bourgeois.
Enfin les sujets étoient les habitants du territoire, qu'ils y fussentnés ou non. Leur dénomination seule donne l’idée de leur nullité sou^tous les rapports (*)•
Si l'organisation civile et politique de l’état de Genève présentoilainsi cinq classes d’hommes, le gouvernement de cet état offioit aussidans son ensemble cinq ordres ou centres d’autorité dépendant les unsdes autres, et dont voici les noms et les attributions ;
1° Le petit conseil ou conseil des vingt-cinq, quelquefois nommésénat , composé de membres à vie, avoit la liante police et l'adminis-tration des affaires publiques, étoit.juge en troisième ressort des pro-cès civils et juge souverain des causes criminelles; il donnoille droitde bourgeoisie, et avoit l’initiative dans tous les autres conseils, dontil faisoit lui-même partie.
2° Quatre syndics élus annuellement par le conseil-général dont ilsera ci-après parlé, et choisis parmi les membres du petit conseil, di-rigeoient ce dernier, et se partageoient toutes les branches d’administra-tion. Le premier syndic présidoit tous les conseils.
Le Conseil qui avoit conservé la dénomination du ceux cents , quoi-que depuis 1758 le nombre en eût été porté à deux cent cinquante,
(*) Il est singulier que Rousseau, dans ses écrits, n'ait fait aucune observation suicette classification étrange, cause première de tous les troubles de Genève depuis l'é -(roque de la réformation jusqu a nos jours. Il en fait mention en quelques mots dan»une note du Contrat social , livre i, chap. 6, mais sans se permettre aucune réflexionà ce sujet. Et ce qui ajoute à l'étonnement, c'est que dans cette même note, réduisantà cinq le nombre des classes, y compris les simples étrangers, il semble regar-deries sujets (formant environ le tiers de la population totale) comme n'existanUpas.