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Tome quatrième.
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PÀRTIÊ I, LETTRE I. S33

sent justes, et des écrivains zélés qui les trouvent trop cléments.Sitôt qu’on m’apprête des prisons;des bourreaux, deschaînes, qui-conque m’accuse est un délateur; il sait qu’il n’attaque pas seule-ment l’auteur, mais l’homme ; il sait que ce qu’il écrit peut influersur mon sort (*) : ce n’estplusàma seule réputation qu’il en veut,c’est à mon honneur, à ma liberté, à ma vie.

Ceci, monsieur, nous ramène tout d’un coup à l’état de la ques-tion, dont il meparoît que le public s’écarte. Si j’ai écrit des cho-ses répréhensibles , on peut m’en blâmer, on peut supprimer lelivre. Mais , pour le flétrir, pour m’attaquer personnellement, ilfaut plus ; la faute ne suffit pas, il faut un délit, un crime ; il fautque j’aie écrit à mauvaise intention un livre pernicieux, et quecela soit prouvé, non comme un auteur prouve qu’un autre auteurse trompe, mais comme un accusateur doit convaincre devant lejuge l’accusé. Pour être traité comme un malfaiteur, il faut queje sois convainc» de l'être. C’est la première question qu’il s’agitd’examiner. La seconde, en supposant le délit constaté, est d’enfixer la nature, le lieu oùilaété commis, le tribunal quidoit en j uger,la loi qui le condamne, et la peine qui doit le punir. Ces deux ques-tions une fois résolues décideront si j’ai été traitéjustementounon.

Pour savoir si j’ai écrit des livres pernicieux, il faut en examinerles principes, et voir ce qu’il en résulteroit si ces principes étoientadmis. Comme j’ai traité beaucoup de matières, je dois me res-treindre à celles sur lesquelles je suis poursuivi, savoir la reli-gion et le gouvernement. Commençons par le premier article, àl’exemple des juges qui ne se sont pas expliqués sur le second.

On trouve dans Y Émile la Profession de foi d’un prêtre catho-lique, et dans Y Héloïse celle d’une femme dévote. Ces deux piè-ces s’accordent assez pour qu’on puisse expliquer l’une par l’autre;et de cet accord on peut présumer avec quelque vraisemblance

(0 H y a quelques années qu'à la première apparition (l'un livre célèbre (*), je réso-lus (l’en attaquer les principes, que je trouvois dangereux. J’exécutois cette entreprisequand j'appris que l’auteur étoit poursuivi. A l'instant je jetai mes feuilles au feu (*"),jugeant qu’aucun devoir ne pouvoit autoriser la bassesse de s'unir à la foule pour ac-cabler un homme d'honneur opprimé. Quand tout fut pacifié, j'eus occasion de diremon sentiment sur le même sujet dans d’autres écrits; mais je l’ai dit sains nommer lelivre ni l'auteur. J'ai cru devoir ajouter ce respect pour son malheur ; à l’estime quej eus toujours pour sa personne. Je ne crois point que cette façon de penser me soitparticulière; elle est commune à tous les honnêtes gens. Sitôt qu'ume affaire estportée au criminel, ils doivent se taire, à moins qu'ils ne soient appielés pour té-moigner.

l'J Le livre de l'Esprit, Voyez VAyit mis en tête des A'o/es de Rousseau en réfutatiam die l’ouvr aged’Helvétius.

f) Il les jeta en ettet au feu, mais conserva l’eiemplaire du livre aux marges duquel eillesétoient inscrites.

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