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Tome quatrième.
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534 lettbes ecbites de la montagne.

que si l’auteur qui a publié les livres où elles sont contenues neles adopte pas en entier l’une et l’autre, du moins il les favorisebeaucoup. De ces deux professions de foi, la première étant laplus étendue et la seule où l’on ait trouvé le corps du délit, doitêtre examinée par préférence.

Cet examen, pour aller à son but, rend encore un éclaircisse-ment nécessaire. Car, remarquez bien qu’éclaircir et distinguerles propositions que brouillent et confondent mes accusateurs,c’est leur répondre. Comme ils disputent contre l’évidence, quandla question est bien posée ils sont réfutés.

Je distingue dans la religion deux parties, outre la forme duculte, qui n’est qu’un cérémonial. Ces deux parties sont le dogmeet la morale. Je divise les dogmes encore en deux parties, savoir:celle qui, posant les principes de nos devoirs, sert de base à lamorale, et celle qui, purement de foi, ne contient que des dogmesspéculatifs.

De cette division, qui me paroit exacte, résulte celle des senti-ments sur la religion, d’une part en vrais, faux ou douteux, etde l'autre en bons, mauvais ou indifférents.

Le jugement des premiers appartient à la raison seule ; et si lesthéologiens s’en sont emparés, c’est comme raisonneurs, c’estcomme professeurs de la science par laquelle on parvient à laconnoissance du vrai et du faux en matière de foi. Si l’erreur encette partie est nuisible, c’est seulement à ceux qui errent, etc’est seulement un préjudice pour la vie à venir, sur laquelle lestribunaux humains ne peuvent étendre leur compétence. Lors -qu’ils connoissent de cette matière, ce n’est plus comme juges duvrai et du faux, mais comme ministres des lois civiles qui règlentla forme extérieure du culte : il ne s’agit pas encore ici de cettepartie; il en sera traité ci-après.

Quant à la partie de la religion qui regarde la morale, c’est-à-dire la justice, le bien public, l’obéissance aux lois naturelles etpositives, les vertus sociales et tous les devoirs de l’homme et ducitoyen, il appartient au gouvernement d’en connoître : c’est ence point seul que la religion rentre directement sous sa juridic-tion, et qu’il doit bannir, non l’erreur dont il n’est pas juge, maistout sentiment nuisible qui tend à couper le nœud social.

Voilà, monsieur, la distinction que vous avez à faire pour jugerde cette pièce, portée au tribunal, non des prêtres, mais des ma-1gistrats. J’avoue qu’elle n’est pas toute affirmative. On y voit des