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Tome quatrième.
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PARTIE I, LETTRE II. 551

bonnes instructions doivent moins fixer le choix que nous de vonsfaire, que nous mettre en état de bien choisir. Tel est le véritableesprit de la réformation, tel en est le vrai fondement. La raisonparticulière y prononce, en tirant la foi de la règle communequ’elle établit, savoir, l’Évangile; et il est tellement de l’essencede la raison d'être libre, que, quand elle voudrait s’asservir àl'autorité, cela ne dépendrait pas d’elle. Portez la moindre at-teinte à ce principe, et tout l’évangélisme croule à l’instant. Qu’onme prouve aujourd’hui qu’en matière de foi je suis obligé de mesoumettre aux décisions de quelqu’un, dès demain je me fais ca-tholique, et tout homme conséquent et vrai fera comme moi.

Or la libre interprétation de l’Écriture emporte non seulementle droit d’en expliquer les passages chacun selon son sens parti-culier, mais celui de rester dans le doute sur ceux qu’on trouvedouteux, et celui de ne pas comprendre ceux qu’on trouve in-compréhensibles. Voilà le droit de chaque fidèle, droit sur lequelni les pasteurs ni les magistrats n’ont rien à voir. Pourvu qu’onrespecte toute la Bible et qu’on s’accorde sur les points capitaux,on vit selon la réformation évangélique. Le serment des bourgeoisde Genève n’emporte rien de plus que cela.

Or je vois déjà vos docteurs triompher sur ces points capitaux,et prétendre que je m’en écarte. Doucement, messieurs, de grâce !ce n’est pas encore de moi qu'il s’agit, c’est de vous. Sachonsd’abord quels sont selon vous ces points capitaux, sachons queldroit vous avez de me contraindre à les voir où je ne les voispas, et où peut-être vous ne les voyez pas vous-mêmes. N’ou-bliez point, s’il vous plaît, que me donner vos décisions pourlois, c’est vous écarter de la sainte réformation évangélique,c’est en ébranler les vrais fondements ; c’est vous qui, par la loi,méritez punition.

Soit que l’on considère l’état politique de votre république lors-que la réformation fut instituée, soit que l’on pèse les termes devos anciens édits par rapport à la religion qu’ils prescrivent, onvoit que la réformation est partout mise en opposition avec l’É-glise romaine, et que les lois n’ont pour objet que d’abjurer lesprincipes et le culte de celle-ci, destructifs de la liberté dans tousles sens.

Dans cette position particulière l’état n’existoit pour ainsi direque par la séparation des deux Églises, et la république étoitanéantie si le papisme reprenoit le dessus. Ainsi la loi qui flxoit