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Tome quatrième.
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PARTIE I, LETTRE III. 583

i mon Émile. S’il en doit avoir une autre, je n'ai plus en cela le« droit d’être son guide; c’est à lui seul de la choisir (*). »

Quel est après cela l’homme assez impudent pour m’oser taxerd’avoir nié les miracles, qui ne sont pas même niés dans cet écrit ?Je n’en ai pas parlé ailleurs (’).

Quoi ! parceque l’auteur d’un écrit publié par un autre y in-troduit un raisonneur qu’il désapprouve (**), et qui, dans unedispute, rejette les miracles, il s’ensuit de là que non seulementl’auteur de cet écrit, mais l’éditeur, rejette aussi les miracles ?Quel tissu de témérités ! Qu’on se permette de telles présomp-tions dans la chaleur d’une querelle littéraire, cela est très blâ-mable et trop commun : mais les prendre pour des preuves dansles tribunaux, voilà une jurisprudence à faire trembler l’hommele plus juste et le plus ferme, qui a le malheur de vivre sous depareils magistrats.

L’auteur de la Profession de foi fait des objections tant sur l’u-tilité que sur la réalité des miracles, mais ces objections ne sontpoint des négations. Voici là-dessus ce qu’il dit de plus fort :« C’est l’ordre inaltérable de la nature qui montre le mieux l’É-« tre suprême. S’il arrivoit beaucoup d’exceptions, je ne saurois« plus qu’en penser ; et pour moi, je crois trop en Dieu pour croirea à tant de miracles si peu dignes de lui [***)< »

Or, je vous prie, qu’est-ce que cela dit? Qu’une trop grandemultitude de miracles les rendroit suspects à l’auteur ; qu’il n’ad-met point indistinctement toute sorte de miracles, et que sa foien Dieu lui fait rejeter tous ceux qui ne sont pas dignes de Dieu.Quoi donc ! celui qui n’admet pas tous les miracles rejette-t-iltous les miracles? et faut-il croire à tous ceux de la légende, pourcroire l’ascension de Christ?

Pour comble, loin que les doutes contenus dans cette secondepartie de la Profession de foi puissent être pris pour des néga-tions, les négations, au contraire, qu’elle peut contenir nedoivent être prises que pour des doutes. C’est la déclaration del’auteur, en la commençant, sur les sentiments qu’il va combat-tre : Ne donnez, dit il, à mes discours que Yautorité de la rai-son. J’ignore si je suis dans l’erreur. Il est difficile, quand on(*) Émile, livre iv-

( ') J’en ai parlé depuis dans ma lettre à M. de Beaumont ; mais outre qu’on ira riendit sur cette lettre, cen’est pas sur ce qu’elle contient qu’on peut fonderie* proce-dures faites avant qu'elle ait paru(”) Émile, livre iv. —