PARTIE I, LETTRE V, 605
eu tout soumis à l’autre. Voyez dans les articles xxui et xxiv laspécification des crimes punissables par les lois, et de ceux dontta première inquisition appartient au consistoire.
Voyez la fin du même article xxiv, qui veut qu’en ce derniercas, après la conviction du coupable, le consistoire en fasse rap-port au conseil, en y ajoutant son avis : afin, dit l’ordonnance,que le jugement concernant la punition soit toujours réservé àla seigneurie. Termes d’où l’on doit inférer que le jugement con-cernant la doctrine appartient au consistoire.
Voyez le serment des ministres, qui jurent de se rendre pourleur part sujets et obéissants aux lois et au magistrat, en tantque leur ministère le porte, c'est-à-dire sans préjudicier à la li-berté qu’ils doivent avoir d’enseigner selon que Dieu le leur com-mande. Mais où seroit cette liberté, s’ils étoient, par les lois, su -jets pour cette doctrine aux décisions d’un autre corps que leleur?
Voyez l’article lxxx, où non seulement l’édit prescrit au con-sistoire de veiller et pourvoir aux désordres généraux et particu-liers de l’Église, mais où il l’institue à cet effet. Cet article a-t-ilun sens, ou n’en a-t-il point? est-il absolu? n’est-il que condi-tionnel? et le consistoire établi par la loi n’auroit-il qu’une exis-tence précaire, et dépendante du bon plaisir du conseil?
Voyez l’article xcvii de la même ordonnance, où, dans les easqui exigent punition civile, il est dit que le consistoire, ayant ouiles parties et fait les remontrances et censures ecclésiastiques,doit rapporter le tout au conseil, lequel, sur son rapport (remar-quez bien la répétition de ce mot) avisera d’ordonner et fairejugement selon l'exigence du cas. Voyez enfin ce qui suit dans lemême article, et n’oubliez pas que c’est le souverain qui parle :Car combien que ce soient choses conjointes et inséparables quela seigneurie et supériorité que Dieu nous a donnée, et le gou-vernement spirituel qu’il a établi dans son Eglise, elles ne doi-vent nullement être confuses, puisque celui qui a tout empirede commander, et auquel nous voulons rendre toute sujétion,comme nous devons, veut être tellement reconnu auteur du gou-vernement politique et ecclésiastique, que cependant ilacxpres-sément discerné tant les vocations que l’administration de l’unet de l'autre.
Mais comment ces administrations peuvent-elles être distin-guées sous l’autorité commune du législateur , si l’une peut em-