PARTIE I, LETTRE V.
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sorte que par le consistoire ne soit e.n rien dérogé à l’autoritéde la seigneurie ni de la justice ordinaire ; tuais que la puis-sance civile demeure en son entier (').
Or voici la conséquence qu’il en tire : « Cette ordonnance ne« suppose donc point, comme on le fait dans les représentations,« que les ministres de l’Évangile soient dans ces matières des ju-« ges plus naturels que les conseils. » Commençons d’abord parremettre le mot conseil au singulier, et pour cause.
Mais où est-ce que les représentants ont supposé que les mi-nistres de l’Évangile fussent, dans ces matières, des juges plusnaturels que le conseil ( 2 ) ?
Selon l’édit, le consistoire et le Conseil sont juges naturels,chacun dans sa partie, l’un de la doctrine, et l’autre du délit.Ainsi la puissance civile et l’ecclésiastique restent chacune en sonentier sous l’autorité commune du souverain : et que signifieraitici ce mot même de puissance civile , s’il n’y avoit une autrepuissance sous-entendue? Pour moi, je ne vois rien dans ce pas-sage qui change le sens naturel de ceux que j’ai cités. Et, bienloin de là, les lignes qui suivent les confirment, en déterminantl’état où le consistoire doit avoir mis la procédure, avant qu’ellesoit portée au conseil. C’est précisément la conclusion contraireà celle que l’auteur en voudroit tirer.
Mais voyez comment, n’osant attaquer l’ordonnance par lestermes, il l’attaque par les conséquences.
« L’ordonnance a-t-elle voulu lier les mains à la puissance ci-« vile, et l'obliger à ne réprimer aucun délit contre la religion« qu’après que le consistoire en aurait connu ? Si cela étoit ainsi,« il en résulterait qu’on pourrait impunément écrire contre la« religion : car, en faisant semblant de se ranger, l’accusé pour-« roit toujours échapper, et celui qui auroit diffamé la religion« par toute la terre devrait être supporté sans diffame au moyen« d’un repentir simulé (page 14). »
O Ordonnances ecclésiastiques, art. xcvn.
b) L’examen et la discussion de celte matière, disent-ils page 42. appartien-nent mieux aux ministres de l'Évangile qu’au manijique conseil. Quelle estla matière dont il s'agit dans ce passage? c'est la.question si, sous l'apparence desdoutes, j'ai rassemblé dans mon livre tout ce qui peut tendre à saper, ébranler et dé-truire les principaux fondements de la religion chrétienne. L'auteur des Lettres partde là pour faire dire aux représentants que, dans ces matières, les ministres sont desjuges plus naturels que les conseils. Ils sont sans contredit des juges plus naturels dela question de théologie, mais non pas de la peine due au délit ; et c'est aussi ce qnrles représentants n'ont ni dit ni fait entendre.