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Tome quatrième.
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608 LETTRES ÉCRITES DE LA MONTAGNE.

C’est donc pour éviter ce malheur affreux, cette impunitéscandaleuse, que l’auteur ne veut pas qu’on suive la loi à la lettre.Toutefois, seize pages après, le même auteur vous parle ainsi:

(i La politique et la philosophie pourront soutenir cette liberté« de tout écrire ; mais nos lois l'ont réprouvée : or il s’agit de sa-« voir si le jugement du conseil contre les ouvrages de M. Rous-« seau et le décret contre sa personne sont contraires à nos lois, eta non de savoir s’ils sont conformes à la philosophie et à la poli-« tique (page 30). »

Ailleurs encore cet auteur, convenant que la flétrissure d’unlivre n’en détruit pas les arguments, et peut même leur donnerune publicité plus grande, ajoute : « A cet égard, je retrouve« assez mes maximes dans celles des représentations. Mais ces« maximes ne sont pas celles de nos lois (page 22). »

En resserrant et liant tous ces passages, je leur trouve à peuprès le sens qui suit :

Quoique la philosophie , la politique et la raison puissentsoutenir la liberté de tout écrire, on doit, dans notre état, pu-nir cette liberté, parceque nos lois la réprouvent. Mais il nefaut pourtant pas suivre nos lois à la lettre, parcequ'alors onnepuniroit pas celle liberté.

A parler vrai, j'entrevois là je ne sais quel galimatias qui mechoque ; et pourtant l’auteur me paroit homme d’esprit : ainsi,dans ce résumé, je penche à croire que je me trompe, sans qu’ilme soit possible de voir en quoi. Comparez donc vous-même lespages 14,22 , 30, et vous verrez si j’ai tort ou raison.

Quoi qu’il en soit, en attendant que l’auteur nous montre cesautres lois où les préceptes de la philosophie et de la politiquesont réprouvés, reprenons l’examen de ces objections contrecelle ci.

Premièrement, loin que, de peur de laisser un délit impuni, ilsoit permis dans une république au magistrat d’aggraver la loi, ilne lui est pas même permis de l’étendre aux délits sur lesquelsellen’est pas formelle ; et l’on sait combien de coupables échappenten Angleterre, à la faveur de la moindre distinction subtile dansles termes de la loi. Quiconque est plus sévère que les lois, ditVauvenargues, est un tyran (■).

Mais voyons si la conséquence de l’impunité , dans l’espècedont il s’agit, est si terrible que l’a faite l’auteur des Lettres.

C ) Comme il n’y a point à Genève de lois pénales proprement dites, le magistrat in*