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Tome quatrième.
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610 LETTRES ÉCRITES DE LA MONTAGNE.

L’inconvénient terrible que l’auteur trouve à laisser impuniscivilement les délits contre la religion n’a donc pas la réalitéqu’il lui donne ; et la conséquence qu’il en tire pour prouver quetel n’est pas l’esprit de la loi, n’est point juste, contre les termesformels de la loi.

Ainsi quel qu’ait été le délit contre la religion , ajoute-t-il,l’accusé, en faisant semblant de se ranger, pourra toujourséchapper. L'ordonnance ne dit pas, s’il fait semblant de se ran-ger, elle dit, s’il se range ; et il y a des règles aussi certainesqu’on en puisse avoir en tout autre cas pour distinguer ici la réa-lité de la fausse apparence, surtout quant aux effets extérieurs,seuls compris sous ce mot, s’il se range.

Si le délinquant, s’étant rangé, retombe. il commet un nou-veau délit plus grave, et cjui mérite un traitement plus rigoureux.Il est relaps, et les voies de le ramener à son devoir sont plussévères. Le conseil a là-dessus pour modèle les formes judiciairesde l’inquisition (') : et si l’auteur des Lettres n’approuve pas qu’ilsoit aussi doux qu’elle, il doit au moins lui laisser toujours ladistinction des cas; car il n’est pas permis, de peur qu’un délin-quant ne retombe, de le traiter d’avance comme s’il étoit déjàretombé.

C’est pourtant sur ces fausses conséquences que cet auteurs’appuie pour affirmer que l’édit, dans cet article, n’a pas eu pourobjet de régler la procédure, et de fixer la compétence des tri-bunaux. Qu’a donc voulu l’édit, selon lui? Le voici.

Il a voulu empêcher que le consistoire ne sévît contre des gensauxquels on imputeroit ce qu’ils n’auroient peut-être point dit,ou dont on auroit exagéré les écarts ; qu’il ne sévît, dis-je, contreces gens-là sans en avoir conféré avec eux, sans avoir essayé deles gagner.

Mais qu’est-ce que sévir, de la part du consistoire? C’est ex-communier, et déférer au conseil. Ainsi, de peur que le consis-toire ue défère trop légèrement un coupable au conseil, ledit lelivre tout d’un coup au conseil. C’est une précaution d’une espècetoute nouvelle. Cela est admirable que, dans le même cas, la loiprenne tant de mesures pour empêcher le consistoire de sévir pré-cipitamment, et qu’elle n’en prenne aucune pour empêcher leconseil de sévir précipitamment ; qu’elle porte une attention siserupaleuse à prévenir la diffamation, et qu’elle n’en donne au-

0).Voyez le Manuel des Inquisiteurs.