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Tome quatrième.
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PARTIE I , LETTRE V.

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eonnoit son devoir, qui le veut remplir, se croit obligé de ne riendire au public qu'il ne l’avoue, qu’il ne se nomme, qu’il ne semontre pour en repondre, alors l’équité, qui ne doit pas punircomme un crime la maladresse d’un homme d’honneur, veut qu’onprocède avec lui d’une autre manière; elle veut qu’on ne séparepoint la cause du livre de celle de l’homme, puisqu’il déclare, enmettant son nom, ne les vouloir point séparer; elle veut qu’onne juge l’ouvrage, qui ne peut répondre, qu’après avoir ouï l’au-teur, qui répond pour lui. Ainsi, bien que condamner un livreanonyme soit en effet ne condamner que le livre, condamner unlivre qui porte le nom de l’auteur, c’est condamner l'auteur même ;et quand on ne l’a point mis à portée de répondre, c’est le jugersans l’avoir entendu.

L’assignation préliminaire, même, si l’on veut, le décret deprise de corps, est donc indispensable en pareil cas avant de pro-céder au jugement du livre; et vainement diroit-on, avec l’au-teur des Lettres , que le délit est évident, qu’il est dans le livremême; cela ne dispense point de suivre la forme judiciaire qu’onsuit dans les plus grands crimes, dans les plus avérés , dans lesmieux prouvés. Car quand toute la ville auroit vu un homme enassassiner un autre, encore ne jugeroit-on point l’assass n sansl’entendre, ou sans l’avoir mis à portée d’être entendu.

Et pourquoi cette franchise d’un auteur qui se nomme tourne-roit-elle ainsi contre lui? Ne doit elle pas, au contraire, lui méri-ter des égards? ne doit-elle pas imposer aux juges plus de cir-conspection ques’il ne se fùtpas nommé? Pourquoi,quand il traitedes questions hardies, s’exposeroit-il ainsi, s’il ne se sentoit ras-suré contre les dangers par des raisons qu’il peut alléguer en safaveur, et qu’on peut présumer, sur sa conduite même, valoir lapeine d’être entendues? L’auteur des Lettres aura beau qualifiercette conduite d’imprudence et de maladresse, elle n’en est pasmoins celle d’un homme d’honneur, qui voit son devoir où d’au-tres voient cette imprudence, qui sent n’avoir rien à craindre dequiconque voudra procéder avec lui justement, et qui regardecomme une lâcheté punissable de publier des choses qu’on neveut pas avouer.

S’il n’est question que de la réputation d’auteur, a-t-on besoinde mettre son nom à son livre? Qui ne sait comment on s’y prendpour en avoir tout l’honneur sans rien risquer, pour s’en glorifiersans en répondre, pour prendre un air humble à force de vanité?

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