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Tome quatrième.
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PARTIE I, LETTRE; V. 623

« La comparaison A'Émile et du Contrat social avec d’autres« ouvrages qui ont été tolérés, et la partialité qu’on en prend oc-« casion de reprocher au conseil, ne me semblent pas fondées.

« Ce ne seroit pas bien raisonner que de prétendre qu’un gou-« vernement, parcequ’il auroit une fois dissimulé, seroit obligé« de dissimuler toujours ; si c’est une négligence, on peut la re-« dresser ; si c’est un silence forcé par les circonstances ou par la« politique, il y auroit peu de justice à en faire la matière d’un<i reproche. Je ne prétends point justifier les ouvrages désignés« dans les représentations; mais, en conscience, y a-t-il parité« entre des livres où l’on trouve des traits épars et indiscrets con-« tre la religion, et des livres où, sans détour, saus ménagement,

« on l’attaque dans ses dogmes, dans sa morale, dans son influence« sur la société civile ? Faisons impartialement la comparaison de« ces ouvrages, jugeons-en par l’impression qu’ils ont faite dans« le monde : les uns s’impriment et se débitent partout; on sait« comment y ont été reçus les autres (pages 23 et 24). »

J’ai cru devoir transcrire d’abord ce paragraphe en entier; je lereprendrai maintenant par fragments ; il mérite un peu d’analyse.

Que n’imprime-t-on pas à Genève? que n’y tolère-t-on pas ? Desouvrages qu'on a peine à lire sans indignation s’y débitent publi-quement ; tout le monde les lit, tout le monde les aime : les magis-trats se taisent, les ministres sourient ; l’air austère n’est plus dubon air. Moi seul et mes livres avons mérité l’animadversion duconseil; et quelle animadversion! l'on ne peut même l’imaginerplus violente ni plus terrible. Mon Dieu I je n’aurois jamais crud’être un si grand scélérat !

La comparaison d’Émile et du Contrat social avec d'autresouvrages tolérés ne me semble pas fondée. Ah! je l’espère.

Ce ne seroit pas bien raisonner de prétendre qu’un gouverne-ment, parcequil auroit une fois dissimulé, seroit obligé de dissi-muler toujours . Soit : mais voyez les temps, les lieux, les per-sonnes ; voyez les écrits sur lesquels on dissimule, et ceux qu’onchoisit pour ne plus dissimuler ; voyez les auteurs qu’on fête àGenève, et voyez ceux qu’on y poursuit.

Si c’est une négligence , on peut la redresser. On le pouvoit, onl’auroit dû ; l’a-t-on fait? Mes écrits et leur auteur ont été flétrissaus avoir mérité de l’être, et ceux qui l’ont mérité ne sont pasmoins tolérés qu’auparavant. L’exception n’est que pour moiseul.