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Tome quatrième.
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636 LETTRES ÉCRITES DE LA MONTAGNE.

ments est l'aristocratique; la p ,- re des souverainetés est l’aristo-cratique.

Ces discussions en amènent d’autres sur la manière dont le gou-vernement dégénère, et sur les moyens de retarder la destructiondu corps politique.

Enfin , dans le dernier livre, j’examine , par voie de compa-raison avec le meilleur gouvernement qui ait existé, savoir celuide Rome, la police la plus favorable à la bonne constitution del’état ; puis je termine ce livre et tout l’ouvrage par des recherchessur la manière dont la religion peut et doit entrer comme partieconstitutive dans la composition du corps politique.

Que pensiez-vous, monsieur, en lisant cette analyse courte etfidèle de mon livre? Je le devine. Vous disiez en vous-même :Voilà l’histoire du gouvernement de Genève. C’est ce qu’ont dità la lecture du même ouvrage tous ceux qui connoissent votreconstitution.

Et en effet, ce contrat primitif, cette essence de la souverai-neté, cet empire des lois, cette institution du gouvernement, cettemanière de le resserrer à divers degrés pour compenser l’autoritépar la force, cette tendance à l’usurpation, ces assemblées pério-diques , cette adresse à les ôter, cette destruction prochaine en-fin , qui vous menace et que je voulois prévenir, n’est-ce pas traitpour trait l’image de votre république, depuis sa naissance jusqu’àce jour ?

J’ai donc pris votre constitution, que je trouvois belle , pourmodèle des institutions politiques ; et vous proposant en exempleà l’Europe , loin de chercher à vous détruire, j’exposois lesmoyens de vous conserver. Cette constitution , toute bonnequ’elle est, n’est pas sans défaut; oa pouvoit prévenir les altéra-tions qu’elle a souffertes, la garantir du danger qu’elle court au-jourd’hui. J’ai prévu ce danger, je l’ai fait entendre , j’indiquoisdes préservatifs : étoit-ce la vouloir détruire, que de montrer cequ’il falioit faire pour la maintenir? C'étoit par mon attachementpour elle que j’aurois voulu que rien ne pût l’altérer. Voilà toutmon crime : j’avois tort peut-être; mais si l’amour de la patriem’aveugla sur cet article, étoit-ce à elle de m’en punir?

Comment pouvois-je tendre à renverser tous les gouvernements,en posant en principes tous ceux du vôtre? Le fait seul détruitl’accusation. Puisqu’il y avoit un gouvernement existant sur monmodèle, je ne tendois donc pas à détruire tous ceux qui existoient.