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Tome quatrième.
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PARTIE II, LETTRE VII. 645

Cela gagné, l’élection des syndics deviendra de même mie cé-rémonie tout aussi vaine que l’est déjà la tenue des conseils gé -néraux ; et le petit conseil verra fort paisiblement les exclusionsou préférences que le peuple peut donner pour le syndicat à sesmembres, lorsque tout cela ne décidera plus de rien.

Il a d'abord , pour parvenir à cette fin , un grand moyen dontle peup’e ne peut eonnoître : c’est la police intérieure du conseil,dont, quoique réglée par les édits, il peut diriger la forme à songré C), n’ayant aucun surveillant qui l’en empêche; car, quantau procureur-général, on doit en ceci le compter pour rien ; 2 ).Mais cela ne suffit pas encore : il faut accoutumer le peuple mêmeà ce transport de juridiction. Pour cela, on ne commence pas parériger dans d’importantes affaires des tribunaux composés deseuls conseillers, mais on en érige d'abord de moins remarqua-bles sur des objets peu intéressants. On fait ordinairement prési -derces tribunaux par un syndic, auquel on substitue quelquefoisun ancien syndic, puis un conseiller, sans que personne y fasseattention ; on répète sans bruit cette manœuvre jusqu’à ce qu’ellefasse usage : on la transporte au criminel. Dans une occasion plusimportante on érige un tribunal pour juger des citoyens A lafaveur de la loi des récusations , on fait présider ce tribunal par-un conseiller. Alors le peuple ouvre les yeux et murmure. On luidit : De quoi vous plaignez vous? voyez les exemples; nous n’in-novons rien.

gea cet usage en la formalité cérémonieuse et vaine qui porte aujourd'hui le nom de'jrabeau. Admirable effet des gouvernements libres, où les usurpations memes nepeuvent s'établir qu’à l'appui de la vertu'!

Au reste, le droit réciproque des deux conseils empêcherait seul aucun des deuxd’oser s’en servir sur l'autre, sinon de concert avec lui, de peur de s’exposer aux re-présailles. Le grabeau ne sert proprement qu'à les tenir bien unis contre la bourgeoi-sie, et à faire sauter l'un par l'autre les membres qui n'auroient pas l'esprit du corps.

0) C'est ainsi que, des l’année 1633, le petit conseil et le deux-cents établirent dansleurs corps la ballotte et les billets contre ledit.

(-; Le procureur-général, établi pour être l'homme de la loi, n’est que l'homme duconseil. Deux causes font presque toujours exercer cette charge contre l’esprit de soninstitution : l'une est le vice de l’institution même, qui fait de cette magistrature undegré pour parvenir au conseil; au lieu qu’un procureur-général ne devoit rien voirau-dessus de sa place, et qu'il devoit lui être interdit par la loi d'aspirer à nulle autre :la seconde cause est l'imprudence du peuple, qui confie cette charge àdes hommes ap-parentés dans le conseil, ou qui sont de famille en possession d’y entrer, sans consi-'dérer qu'ils ne manqueront pas ainsi d'employer contre lui les armes qu'il leur donnepour sa défense. J'ai oui des Genevois distinguer l'homme du peuple d’avec l’hommede la loi, comme si ce n’étoit pas la même chose. Les procureurs-généraux devraientêtre, durant leurs six ans, les chefs de la bourgeoisie, et devenir son conseil après cela ■’mais ne la voilà-t-il pas bien protégée et bien conseillée, et n’a-t-elle pas fort à se féli-citer de son choix?

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