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LETTRES ÉCRITES DE LA MONTAGNE.
être de la part du conseil, que de la part d’un simple particulier;et je ne vois pas où l’on en peut trouver un digne de mort dansun second recours, rendu légitime par la garantie qui fut l’effetdu premier.
Encore un coup, je n’entreprends point de discuter une ques-tion si délicate à traiter et si difficile à résoudre. J’entreprendssimplement d'examiner, sur l’objet qui nous occupe, l’état devotre gouvernement, fixé ci devant par le réglement des plénipo-tentiaires, mais dénaturé maintenant par les nouvelles entrepri-ses de vos magistrats. Je suis obligé de faire un long circuit pouraller à mon but; mais daignez me suivre, et nous nous retrouve-rons bien.
Je n’ai point la témérité de vouloir criiiquer ce réglement; aucontraire, j’en admire la sagesse et j’en respecte l'impartialité.J’y crois voir les iDtenlions les plus droites et les dispositions lesplus judicieuses. Quand on sait combien de choses étoient contrevous dans ce moment critique , combien vous aviez de préjugésà vaincre, quel crédit à surmonter, que de faux exposés à dé-truire ; quand on se rappelle avec quelle confiance vos adversairescomptoient vous écraser par les mains d’autrui, l'on ne peutqu'honorer le zèle, la constance et les talents de vos défenseurs,l'équité des puissances médiatrices, et l’intégrité des plénipoten-tiaires qui ont consommé cet ouvrage de paix.
Quoi qu'on en puisse dire, l’édit de la médiation a été le salutde la république; et quand on ne l’enfreindra pas, il en sera laconservation. Si cet ouvrage n’est pas parfait en lui-même, il l'estrelativement; il l’est quant aux temps, aux lieux , aux circon-stances ; il est le meilleur qui vous pût convenir. Il doit vous êtreinviolable et sacré par pudence, quand il ne le seroit pas parnécessité ; et vous n’en devriez pas ôter une ligne, quand vousseriez les maîtres de l’anéantir. Bien plus, la raison même qui lerend nécessaire le rend nécessaire dans son entier. Comme tousles articles balancés forment l’équilibre, un seul article altéré ledétruit. Plus le réglement est utile, plus il seroit nuisible ainsimutilé. Rien ne seroit plus dangereux que plusieurs articles prisséparément et détachés du corps qu’ils affermissent. Il vaudroitmieux que l’édifice fût rasé qu’ébranlé. Laissez ôter une seulepierre de la voûte, et vous serez écrasés sous ses ruines.
Rien n’est plus facile à sentir par l’examen des articles dont leconseil se prévaut et de ceux qu’il veut éluder. Souvenez-vous,