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Tome quatrième.
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PARTIE II, LETTRE IX. 693

ou de s’opposer d’abord à li première innovation qui n’est jamaisqu’une bagatelle, et alors on les traite de gens inquiets, brouil-lons, pointilleux, toujours prêts à chercher querelle ; ou bien des’élever enfin contre un abus qui se renforce, et alors on crie àl’innovation. Je défie que, quoique vos magistrats entreprennent,vous puissiez, en vous y opposant , éviter à la fois ces deux re-proches. Mais à choix, préférez le premier. Chaque fois que leconseil altère quelque usage, il a son but que personne ne voit,et qu’il se garde bien de montrer. Dans le doute, arrêtez tou-jours toute nouveauté, petite ou grande. Si les syndics étoientdans l’usage d'entrer au conseil du pied droit, et qu’ils y vou-lussent entrer du pied gauche, je dis qu’il faudroit les en empê-cher.

Nous avons ici la preuve bien sensible de la facilité de conclurele pour et le contre par la méthode que suit notre auteur. Car ap-pliquez au droit de représentation des citoyens ce qu’il appliqueau droit négatif des conseils, et vous trouverez que sa propositiongénérale convient encore mieux à votre application qu’à la sienne.Le droit de représentation, direz-vous, n’étant pas le droit defaire des lois, mais d'empêcher que la puissance qui doit les ad-ministrer ne les transgresse, et ne donnant pas le pouvoir d’in-nover , mais de s’opposer aux nouveautés, va directement augrand but que se propose une société politique , celui de se con-server en conservant sa constitution. N’est-ce pas exactement làce .que les représentants avoient à dire? et ne semble-t-il pas quel’auteur ait raisonné pour eux? Il ne faut point que les mots nous^donnent le change sur les idées. Le prétendu droit négatif duconseil est réellement un droit positif, et le plus positif mêmeque l’on puisse imaginer, puisqu’il rend le petit conseil seul maî-tre direct et absolu de l’état et de toutes les lois; et le droit dereprésentation, pris dans son vrai sens, n’est lui-même qu’un droitnégatif. Il consiste uniquement à empêcher la puissance exécutivede rien exécuter contre les lois.

Suivons les aveux de l’auteur sur les propositions qu’il pré-sente : avec trois mots ajoutés, il aura posé le mieux du mondevotre état présent.

Comme il n’y auroit point de liberté dans un état où le corpschargé de l’exécution des lois auroit droit de les faire parler àsa fantaisie, puisqu’il pour roi l faire exécuter comme des loisses volontés les plus tyranniques....

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