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Tome quatrième.
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696 LETTRES ÉCRITES LE LA MONTAGNE.

vaut, imprimant, publiant contre le petit conseil le quart de cequ’il a dit, écrit, imprimé, publié hautement à Londres contre legouvernement, la cour, le prince. Je n’affirmerai pas absolumentqu’on l’eût fait mourir, quoique je le pense; mais sûrement ileût été saisi dans l’instant même, et dans peu très grièvementpuni(’).

On dira que M. Wilkes étoit membre du corps législatif dansson pays ; et moi, ne letois-je pas aussi dans le mien? Il est vraique l’auteur des Lettres veut qu’on n’ait aucun égard à la qua-lité de citoyen. Les règles, dit-il, de la procédure sont et doiventêtre égales pour tous les hommes ; elles ne dérivent pas du droitde la cité, elles émanent du droit de l’humanité (page 54).

Heureusement pour vous le fait n’est pas vrai ( 2 ); et quant à lamaxime, c’est sous des mots très honnêtes cacher un sophisme

rite* royale, et à ce titre fut long-temps l'idole du peuple anglois, qui lui donna desmarques d'affection poussée même jusqu’au délire. Wilkes ayant publié un écrit desplus \irulents contre les ministres et contre le roi lui-même, fut mis à la Tour parordre du gouvernement. Cette incarcération fit naître un procès, aux débats duqueltoute la nation prit l’intérêt le plus vif, et dont le résultat fut non seulement l’entieracquittement et la mise en liberté de Wilkes, mais la prise à partie des magistrats,contre lesquels il obtint une indemnité de quatre mille livres sterling. Comme d’ail-leurs il avoit plus de jactance et d’audace que de talent réel, et que sa conduite privéene le rendoit rien moins que digne d’estime, son extrême popularité ne lui procuraaucun des avantages que sans doute il sc promettoit; et sur la fin de sa carrière législa-tive, également méprisé des deux partis, il retomba dans l’obscurité, dont il ne sortitplus jusqu'à sa mort, arrivée en 1797.

0) La loi mettant M. Wilkes à couvert de ce côté, il a fallu, pour l’inquiéter, pren-dre un autre tour; et c’est encore la religion qu’on a fait intervenir dans cetteaffaire (*).

( 3 ) Le droit de recours à la grâce n’appartenoit par l’édit qu'aux citoyens et bour-geois ; mais par leurs bons offices ce droit et d’autres furent communiqués aux natifset habitants, qui, ayant fait cause commune avec eux, avoient besoin des mêmes pré-cautions pour leur sûreté; les étrangers en sont demeurés exclus. L’on sent aussi quele choix de quatre parents ou amis pour assister le prévenu dans un procès crimineln’est pas fort utile à ces derniers; il ne l’est qu’à ceux que le magistrat peut avoirintérêt de perdre, et à qui la loi donne leur ennemi naturel pour juge. 11 est éton-nant même qu’après tant d'exemples effrayants les citoyens et bourgeois n'aient paspris plus de mesures pour la sûreté de leurs personnes, et que toute la matière crimi-nelle reste, sans édits et sans lois, presque abandonnée à la discrétion du conseil. Unservice pour lequel seul les Genevois et tous les hommes justes doivent bénir à jamaisles médiateurs est l’abolition de la question préparatoire. J’ai toujours sur les lèvresun rire amer quand je vois tant de beaux livres, où les Européens s’admirent et scfont compliment sur leur humanité, sortir des mêmes pays où l’on s’amuse à disloqueret briser les membres des hommes, en attendant qu'on sache s’ils sont coupables ounon. Je définis la torture un moyen presque infaillible employé par le fort pour char-ger le foible des crimes dont il le veut punir.

O Wilkes avoit composé et fait imprimer, sous le titre d 'Essai sur tu Femme , un poëme obs-cène, dans lequel il faisoit figurer l'évêque Warburtoo,