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Tome quatrième.
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706 LETTRES ÉCRITES DE LA MONTAGNE,

soit parceque les citoyens et bourgeois ne doivent connoitred'autre texte des lois que le texte imprimé, quoique le petitconseil en suive un autre et le fasse suivre en conseil général(').

Il est donc contre les règles que celui qui a passé un acte aitcommunication de l’original de cet acte, lorsque les variantesdans les copies les lui font soupçonner de falsification ou d’incor-rection ; et il est dans la règle qu’on ait deux différents textesdes mêmes lois, l’un pour les particuliers, et l’autre pour le gou-vernement! Ouïtes vous jamais rien dire de semblable? Et toute-fois sur toutes ces découvertes tardives, sur tous ces refus ré-voltants, les citoyens, éconduits dans leurs demandes les pluslégitimes, se taisent, attendent, et demeurent en repos !

Voilà, monsieur, des faits notoires dans votre ville, et tousplus connus de vous que de moi. J’en pourrois ajouter cent au-tres, sans compter ceux qui me sont échappés : ceux-ci suffirontpour juger si la bourgeoisie de Genève est ou fut jamais, je nedis pas remuante et séditieuse, mais vigilante, attentive, facileà s’émouvoir pour défendre ses droits les mieux établis et le plusouvertement attaqués.

On nous dit qu’une nation vive , ingénieuse , et très occupéede ses droits politiques, auroit un extrême besoin de donner àson gouvernement une force négative ( page 170 ). En expliquantcette force négative, on peut convenir du principe. Mais est-ce àvous qu’on en veut faire l’application? A-t-on donc oublié qu’onvous donne ailleurs plus de sang-froid qu’aux autres peuples( page 154)? Et comment peut on dire que celui de Genève s’oc-cupe beaucoup de ses droits politiques, quand on voit qu’il nes’en occupe jamais que tard, avec répugnance, et seulement quandle péril le plus pressant l’y contraint? De sorte qu’en n’attaquantpas si brusquement les droits de la bourgeoisie, il ne tient qu’auconseil qu’elle ne s’en occupe jamais.

Mettons un moment en parallèle ies deux partis, pour juger

coûtent, mais qu’il s’est prescrit pour règle de faire tomber l'uage des représentationspar des réponses constamment négatives. En effet, est-il à présumer que les hommesles plus patients ne se rebutent pas de demander pour ne rien obtenir? Ajoutez laproposition déjà faite en deux-cents d'informer contre les auteurs des dernières re-présentations, pour avoir usé d’un droit que la loi leur donne. Qui voudra désormaiss’exposer à des poursuites pour des démarches qu’on sait d avance être sans succès? Sic’est là le plan que s’est fait le petit conseil, il faut avouer qu’il le suit très-bien.

0) Extrait des registres du conseil du 7 décembre 1763, ea réponse aux représenta-tions verbales faites le 2t novembre par six citoyens ou bourgeois.