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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

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fensive, et faire le pénitent et le suppliant: le conseil de Genèvele croyoit aussi, je l’ai désabusé; je me charge de les désabuserde même. Soyez-moi témoin, monsieur, de mon amour pour lapaix, et du plaisir avec lequel j’avois posé les armes : s’ils meforcent à les reprendre, je les reprendrai, car je ne veux pas melaisser battre à terre ; c’est un point tout résolu. Quelle prise neme donnent-ils pas? A trois ou quatre près que j’honore et quej’excepte, que sont les autres? quels mémoires n’aurai-je pas surleur compte? Je suis tenté de faire ma paix avec tous les autresclergés aux dépens du vôtre, d’en faire le bouc d’expiation pourles péchés d’Israël. L’invention est bonne, et son succès est cer-tain. Ne seroit-ce pas bien servir l’état, d’abattre si bien leurmorgue, de les avilir à tel point qu'ils ne pussent jamais plusameuter les peuples? J’espère ne pas me livrer à la vengeance;mais si je les touche, comptez qu’ils sont morts. Au reste, il fautpremièrement attendre l’excommunication ; car, jusqu’à ce mo-ment, ils me tiennent ; ils sont mes pasteurs, et je leur dois du res-pect. J’ai là-dessus des maximes dont je ne me départirai jamais,et c’est pour cela même que je les trouve bien peu sages de m'ai-mer mieux loup que brebis.

A M. MOULTOU.

9 mars 1765.

Vous ignorez, je le vois, ce qui se passe ici par rapport à moi.Par des manœuvres souterraines que j’ignore, les ministres,Montmollinà leurtête, se sont tout-à-coup déchaînés contre moi,mais avec une telle violence que, malgré milord maréchal et leroi même, je suis chassé d’ici sans savoir plus où trouver d’asilesur la terre; il ne m’en reste que dans son sein. Cher Moultou,voyez mon sort. Les plus grands scélérats trouvent un refuge ;il n’y a que votre ami qui n’en trouve point. J’aurois encorel’Angleterre : mais quel trajet, quelle fatigue, quelle dépense !Encore si j’étois seul !... Que la nature est lente à me tirer d’af-faire ! Je ne sais ce que je deviendrai; mais, en quelque lieu quej’aille terminer ma misère, souvenez-vous de votre ami.

11 n’est plus question de mon édition générale. Selon toute ap-parence, je ne trouverai plus à la faire ; et, quand je le pourrois,je ne sais si je pourrois vaincre l’horrible aversion que j’ai conçuepour ce travail. Je ne regarde aucun de mes livres sans frémir,