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ANNÉE 1765.
d’avoir un ami dans l’état où je suis, et que je ne trouve aucunevérité consolante à lui dire, je mentirai.
On peut donner en tout temps à son ami le blâme qu’on croitqu’il mérite; mais quand on choisit le moment de ses malheurs,il faut s’assurer qu’on a raison.
Lorsque je disois, 11 faut se taire, et ne pas imiter le crime deCham, j’étois citoyen de Genève ; je ne dois que la vérité à ceuxpar qui je ne le suis plus.
Lorsque je disois, 11 faut se taire, je n’avois que ma cause àdéfendre ; et je me taisois ; mais quand c'est un devoir de parler,il ne faut pas se taire : voyez l’avertissement. Adieu, Marianne.
A m. le n. de ré lice .
Motiers, le H mars 1765.
Je n’ai point fait, monsieur, l’ouvrage intitulé des Princes ; jene l’ai point vu ; je doute même qu’il existe. Je comprends aisé-ment de quelle fabrique vient cette invention, comme beaucoupd’autres, et je trouve que mes ennemis se rendent bien justice eum’attaquant avec des armes si dignes d’eux. Comme je n’ai ja-mais désavoué aucun ouvrage qui fût de moi, j’ai le droit d’enêtre cru sur ceux que je déclare n’en pas être. Je vous prie, mon-sieur, de recevoir et de publier cette déclaration en faveur de iavérité, et û’un homme qui n’a qu’elle pour sa défense. Recevezmes très humbles salutations.
A 31. DU PEVKOU.
Motte, le U mare 1765.
Voici, monsieur, votre lettre. En la Usant j’étois dans votrecœur : elle est désolante. Je vous désolerai peut-être moi-mêmeen vous avouant que celle qui l’écrit me paroit avoir de bonsyeux, beaucoup d’esprit, et point d’ame. Vous devriez en fairenon votre amie, mais votre folle, comme les princes avoient jadisdes fous, c’est-à-dire d’heureux étourdis, qui osoient leur dire lavérité. Nous reparierons de cette lettre dans un tète-à-tête. Cher DuPeyrou, croyez-moi, continuez d’être bon et d’aimer les hommes;mais ne comptez jamais avec eux.
Premier acte d’ami véritable, non dans vos offres, mais dansvos conseils ; je les attendois de vous : vous n’avez pas trompémon attente. Le désir de me venger de votre prètraille étoit nédans le premier mouvement, c’étoit un effet de la colère ; mais