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Tome huitième.
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ANNÉE 1765. §1)

choses de la foi, ne s’abaisse pas aux terrestres soins de cette \ie.

Vous savez, monsieur, ce qui se passa dans le consistoire enmon absence, comment s’y fit la lecture de ma lettre, et les proposqu’on y tint pour en empêche ri’effet; vos mémoires là-dessus vousviennent de la bonne source. Concevez-vous qu’après celaM. deMontmollin change tout-à-coup d’état et de titre, et que, s’étantfait commissaire de la classe pour solliciter l’affaire, il redevienneaussitôt pasteur pour la juger ? J ’ayissois, dit-il, comme pasteur ,comme chef clu consistoire, et non comme représentant delà vé-nérable classe. C’étoit bien tard changer de rôle, après en avoir faitjusqu’alors un si différent. Craignons, monsieur, les gens qui fontsi volontiers deux personnages dans la même affaire ; il est rareque ces deux en fassent un bon.

Il appuie la nécessité de sévir sur le scandale causé par mon li-vre. Voilà des scrupules tout nouveaux, qu’il n’eut point du tempsde l’ Émile. Le scandale fut tout aussi grand pour le moins ; lesgens d’église et les gazetiers ne firent pas moins de bruit ; onbrùloit, on brayoit, on m’insultoit par toute l’Europe. M. de Mont-mollin trouve aujourd’hui des raisons de m’excommunier danscelles qui ne l’empêchèrent pas alors de m’admettre. Son zèle,suivant le précepte, prend toutes les formes pour agir selon lestemps et les lieux. Mais qui est-ce, je vous prie, qui excita danssa paroisse le scandale dont il se plaint au sujet de mon dernierlivre? Qui est-ce qui affectoit d’en faire un bruit affreux et parsoi-même et par des gens apostés? Qui est-ce, parmi tout ce peu -ple si saintement forcené, qui auroit su que j’avoiscommis lecrime énorme de prouver que le conseil de Genève m'avoit con-damné à tort, si l’on n’eût pris soin de le leur dire , en leur pei-gnant ce singulier crime avec les couleurs que chacun sait? Quid’entre eux est même en état de lire mon livre et d’entendre ce dontil s’agit? Exceptons, si l’on veut, Tardent satellite de M. de Mont-mollin, ce grand maréchal qu’il cite si fièrement, ce grand clerc, leBoirude de son église, qui se connoît si bien en fers de chevauxet en livres de théologie. Je veux le croire en état de lire à jeun etsans epeler une ligne entière; quel autre des ameutés en peut faireautant ? En entrevoyant sur mes pages les mots d 'Évangile et demiracles, ils auroient cru lire un livre de dévotion; etme sachantbon homme, ils auroient dit : Que Dieu le bénisse , il nousédifie. Mais on leur a tant assuré que j’étois un homme abomina-ble, un impie, qui disoit qu’il n’y avoit point de Dieu, et que les