ANNÉE 1765. 03
souverain, le despote qui me condamne; et que la loi, le consis-toire, le magistrat, le gouvernement, le gouverneur, le roi même,qui me protègent, sont autant de rebelles à l’autorité suprême deM. le professeur de Montmollin.
L’anonyme demande si je ne me suis pas soumis comme ci-toyen aux lois de l’état et aux usages; et de i'affirmative, qu’as-sûrement on ne lui contestera pas, il conclut que je me suis sou-mis à une loi qui n’existe point, et à un usage qui n’eut jamaislieu.
M. de Montmollin dit à cela que cette loi existe à Genève, et queje me suis plaint moi-même qu’on l’a violée à mon préjudice.Ainsi donc la loi qui existe à Genève, et qui n’existe pas à Mé-tiers, on la viole à Genève pour me décréter, et on la suit à Mo-tiers pour m’excommunier. Convenez que me voilà dans uneagréable position ! C’étoit sans doute dans un de ces moments degaieté que M. de Montmollin fit eeraisonnement-Ià.
Il plaisante à peu près sur le même ton dans une note surl’offre ' que je voulus bien faire à la classe, à condition qu'on melaissât en repos; il dit que c’est se moquer, et qu’on ne fait pasainsi la loi à ses supérieurs.
Premièrement, il se moque lui-même quand il prétend qu’of-frir une satisfaction très obséquieuse et très raisonnable à gensqui se plaignent, quoiqu’à tort, c’est leur faire la loi.
Mais la plaisanterie est d’avoir appelé messieurs de la classemes supérieurs, comme si j’étois homme d’église. Car qui ne saitque la classe, ayant juridiction sur le clergé seulement, et n’ayantau surplus rien à commander à qui que ce soit, ses membres nesont comme tels les supérieurs de personne 2 !' Or de me traiteren homme d’église est une plaisanterie fort déplacée, à mon avis.M. de Montmollin sait très bien que je ne suis point homme d’é-glise, et que j’ai même, grâces au ciel, très peu de vocation poul-ie devenir.
Encore quelques mots sur la lettre que j’écrivis au consistoire,et j’ai fini. M. de Montmollin promet peu de commentaires sur
C . Offre dont le secret fut si bien gardé, que personne n’en sut rien que quand je lepubliai, et qui fut si malhonnêtement reçue, qu’on ne daigna pas y faire la moindreréponse : il fallut meme que je lisse redemander à M. de Montmollin ma déclaration,ipi'il s'êtoit doucement appropriée.
(") I! faudrait croire que la tête tourne à M. de Motilmollin, si l'on lui snpposoitassez d’arrogance pour vouloir sérieusement donner il messieurs de la classe quelquesupériorité sur les autres sujets du roi. Il n’v a pas cent ans que ces supérieurs pré-tendus nesignoient qn’aprês tous les autres corps.
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