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Tome huitième.
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COBRESPOXDAN CE.

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cette lettre. Je crois qu’il fait très bien , et qu’il eût mieux faitencore de n’en point donner du tout. Permettez que je passe enrevue ceux qui me regardent : l’examen ne sera pas long.

Comment répondre , dit-il, à des questions qu’on ignore ?Comme j’ai fait, en prouvant d’avance qu’on n’a point le droit dequestionner.

Une foi dont on ne doit compte qu’à Dieu ne se publie pasdans toute l’Europe.

Et pourquoi une foi dont on ne doit compte qu’à Dieu ne se pu-blieroit-elle pas dans toute l’Europe ?

Remarquez l’étrange prétention d’empêcher un homme de direson sentiment quand on lui en prête d’autres, de lui fermer labouche et de le faire parler.

Celui qui erre en chrétien redresse volontiers ses erreurs.Plaisant sophisme !

Celui qui erre en chrétien ne sait pas qu'il erre. S’il redressoitses erreurs sans les connoître, il n’erreroit pas moins, et de plusil mentiroit. Ce ne seroit plus errer en chrétien.

Est-ce s’appuyer sur l'autorité de l’Evangile que de rendredouteux les miracles ? Oui, quand c’est par l’autorité même del’Évangile qu’on rend douteux les miracles.

Et d’y jeter du ridicule ? Pourquoi non , quand , s’appuyantsur l’Évangile, on prouve que ce ridicule n’est que dans les in-terprétations des théologiens ?

Je suis sûr que M. de Montmollin se félicitoit ici beaucoup deson laconisme. 11 est toujours aisé de répondre à de bons raison-nements par des sentences ineptes.

Quant à la note de Théodore de Bèze, il n’a pas voulu direautre chose, sinon que la foi du chrétien nesl pas appuyée uni-quement sur les miracles.

Prenez garde, monsieur le professeur : ou vous n’entendez pasle latin, ou vous êtes un homme de mauvaise foi.

Ce passage, Non salis tutafides eoritm qui miraculis nituntur,ne signifie point du tout, comme vous le prétendez, que la foi duchrétien n’est pas appuyée uniquement sur les miracles.

Au contraire, il signifie très exactement que la foi de quicon-que s'appuie sur les miracles est peu solide. Ce sens se rapportefort bien au passage de saint Jean, qu’il commente, et qui dit deJésus que plusieurs crurent en lui, voyant ses miracles ; maisqu’il ne leur confioit point pour cela sa personne, pareequ’il les