ANNÉE 1765 .
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A M. DU PEYROU.
Motiers, le 29 août 1763.
J’espère que vous serez arrivé à Neuchâtel heureusement. Don-nez-moi de vos nouvelles, mais ne vous servez plus de la poste.J’ai résolu de ne plus écrire ni de recevoir aucune lettre par cettevoie ; et je suis même forcé de prendre ce parti, puisque personne,de ma part, ne peut approcher du bureau sans y être insulté. Ilfaut, au lieu de cela, se servir de la messagerie, qui part d’ici tousles mardis au soir , et de Neuchâtel tous les jeudis au soir. Sivos gens sont embarrassés de trouver cette femme, ils pourrontdéposer leurs titres à la Couronne , et mesdemoiselles Petitpierrevoudront bien se charger de l’en charger. Je vous embrasse detout mon cœur.
a m. d’ivernois.
Neuchâtel, ce lundi 10 septembre 1763.
Les bruits publics vous apprendront, monsieur, ce qui s’estpassé, et comment le pasteur de Motiers s’est fait ouvertementcapitaine de coupe-jarrets. Votre amitié pour moi m’engage à mepresser de vous tranquilliser sur mon compte. Grâces au ciel, jesuis en sûreté, et hors de Motiers, où je compte ne retourner dema vie : mais malheureusement ma gouvernante et mon bagagey sont encore ; mais j’espère que le gouvernement donnera desordres qui contiendront ces enragés et leur digne chef. En atten-dant que vous soyez mieux instruit de tout, je vous conseille dene pas vous fier à ce que vous écriront vos parents, et je suis forcéde vous déclarer qu’ils ont pris, dans cette occasion, un parti quiles déshonore. Aimez-moi toujours ; je vous aime de tout moucœur, et je vous embrasse.
Adressez tout simplement vos lettres à M. Du Peyrou à Neu-châtel ; et, pour éviter les enveloppes, mettez simplement unecroix au-dessus de l'adresse ; il saura ce que cela veut dire.
AM. DU PEYROU.
Ce dimanche à midi, 13 septembre.
M. le major Chambrier vient, mon cher hôte, de m'envoyer,par un bateau exprès , les deux lettres que M. Jeannin avoit eula bonté de me faire passer, et qui auraient été assez tôt dansun mois d’ici. Si vous n’avez pas la bonté de faire entendre à