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Tome huitième.
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J 00 C0RRESP0XDAXCE.

M. le major qu'à moins de cas très pressants il ne faut pas en-voyer des bateaux exprès, je ferai des frais effroyables en lettresinutiles, et d'autant plus onéreux, que je ne pourrai pas refusermes lettres , comme je le faisois par la poste. J’espérois avoir,dans cette Ile, l’avantage que les lettres me parviendraient diffici-lement, et au. contraire j’en suis accablé de toutes parts, aveccette différence qu’il faut payer les bateliers qui les portent dixfois plus que par la poste. Faites-moi l’amitié, je vous supplie, oude refuser net toutes celles qui vous viendront, ou de les gardertoutes jusqu’à quelque occasion moins coiiteuse. Si je ne prendspas quelque résolution désespérée, je serai entièrement écrasé icipar les lettres et par les visites.

Je ne sais ce que vous ferez de la Vision; elle ne saurait pa-raître avec les trais fautes effroyables que j’y trouve. L’une page3, ligne 3, en remontant, dessous , lisez, des sons ; la seconde,page 9, ligne 4, en remontant, amuseront, lisez, ameuteront ; etla troisième, page 15, ligne 11, cris, lisez, coup.

J'aurois mille choses à vous dire ; le bateau est arrivé au mo-ment qu’on alloit se mettre à table , et je fais attendre tout lemonde pour le diner ; ce qui me désole.

Lorsque mademoiselle Le Vasseur sera venue avec tout monbagage, il faut qu’elle attende à INeuchàtel de mes nouvelles, etje ne puis m’arranger définitivement qu après la réponse dellerne, que j’aurai mardi au soir tout au plus tôt. Mille choses àtous ceux qui m’aiment, mais point de lettres sur toutes choses,si ce n’est pour matières intéressantes. Je vous embrasse.

AU MÊME.

A nie de Saint-Pierre, le \ S septembre 1763.

Enfin, mon cher bote , me voici sur à peu près de rester ici,mais avec de si grandes incommodités, qu’il faut en vérité toutema répugnance à m’éloigner de vous pour me les faire endurer.11 s’agit maintenant d’avoir ici mademoiselle Le Vasseur avecmon bagage. Le receveur compte envoyerlundi,oulepremierbeaujour de la semaine prochaine, un bateau chargé de fruits à Neu-châtel ; et, pour l’amour de moi, il s’est offert d’y aller lui-même : en conséquence, j’écris à mademoiselle Le Vasseur de setenir prête pour profiter d'une si bonne occasion, du moins pourle bagage; car, quant à elle, j'aimerais autant qu’elle cherchât