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Tome huitième.
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122 CORRESPONDANCE,

mes amis le Lévite d'Éphraïm, dont beaucoup de gens me par-lent avec curiosité.

Je vous écris avec beaucoup de distraction, parcequ’il me vientdu monde sans cesse, et que je n’ai pas un moment à moi. Exté-rieurement , je suis forcé d’être à tous les survenants ; intérieure-ment , mon cœur est à vous, soyez-en sur. Je vous embrasse.

Si vous me répondez sur-le-champ, je pourrai recevoir encorevotre lettre, soit sous le pli de M. de Luze, soit directement àl’hôtel de Saint-Simon, aie Temple.

A M. DE LUZE.

26 décembre 1765*.

Je ne saurois, monsieur, durer plus long-temps sur ce théâtrepublic. Pourriez-vous, par charité, accélérer un peu notre départ?M. Hume consent à partir le jeudi 2, à midi, pour aller coucher àSenlis. Si vous pouvez vous prêter à cet arrangement, vous meferez le plus grand plaisir. Nous n’aurons pas la berline à quatre;ainsi vous prendrez votre chaise de poste, M. Hume la sienne, etnous changerons de temps en temps. Voyez, de grâce , si toutcela vous convient, et si vous voulez m’envoyer quelque chose àmettre dans ma malle. Mille tendres salutations.

A M. d’ivernois.

Paris, le 30 décembre 1763.

Je reçois, mon bon ami, votre lettre du 23. Je suis très fâchéque vous n’ayez pas été voir M. de Voltaire. Avez-vous pu penserque cette démarche me feroit de la peine? que vous eonnoissezmal mon cœur! Eh! plût à Dieu qu’une heureuse réconciliationentre vous, opérée par les soins de cet homme illustre, me fai-sant oublier tous ses torts, me livrât sans mélange à mon admi-ration pour lui ! Dans les temps où il m’a le plus cruellementtraité , j’ai toujours eu beaucoup moins d’aversion pour lui qued’amour pour mon pays. Quel que soit l’homme qui vous rendrala paix et la liberté, il me sera toujours cher et respectable. Si c’estVoltaire, il pourra du reste me faire tout le mal qu’il voudra ; mesvœux constants, jusqu’à mon dernier soupir, seront pour son bon-heur et pour sa gloire.

Laissez menacer les jongleurs; tel flerl quine tuepas[*). Votre

O C'étoit la devise de la maison de Solar, qu'il expliqua dans un repas. Voyez Con-fessions, tome i.