CORRESPONDANCE.
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seur toutes les lettres, mémoires, brouillons, etc., depuis 1758jusqu’à 1762 , mois de juin inclusivement, c’est-à-dire jusqu’àmon départ de Paris, attendu que la première chose que je vaisfaire sera de mettre au net toute cette suite de pièces, de peurd’en perdre la trace. Mon voyage ici ne m’a pas été tout-à-tàitinutile pour mon objet. J’y ai acquis, sur la source de mes mal-heurs, des lumières nouvelles, dont il sera bon que le public àvenir soit instruit. Je vous recommande mes plantes sèches. Cerecueil, fait en Suisse, me sera bien précieux en Angleterre, oùj’espère m'en occuper. Si vous pouvez remettre à mademoiselleLe Vasseur une copie du Lévite, ou un brouillon qui doit êtreparmi mes papiers, je vous en serai fort obligé. Vous savez qu’ily a parmi mes estampes une épreuve d’une petite fille qui baiseun oiseau, et que cette épreuve vous étoit destinée. Je vous enparle, parceque cette estampe est charmante, et qu’elle ne sevend point. 11 doit y en avoir deux en noir, et une eu rouge ; choi-sissez. M. Watelet a ranimé ici mon goût pour les estampes, parcelles dont il m’a fait cadeau. Je veux vous faire faire connois-sance avec lui. Lorsque vous ferez imprimer mes écrits, il se char-gera volontiers de la direction des planches, et c’est un grandpoint que cet article soit bien exécuté.
J’ai cherché le moment pour écrire à M. de Vautravers, à quije dois des remercîments ; je n’ai pu le trouver dans ce tourbillonde Paris, où je suis entraîné ; je suis ici dans mon hôtel de Saint-Simon, comme Sancho dans son lie de Barataria, en représenta-tion toute la journée. J’ai du monde de tous états, depuisl’instantoù je me lève jusqu’à celui où je me couche, et je suis forcé dem’habiller en public. Je n’ai jamais tant souffert ; mais heureuse-ment cela va finir.
On écrit de Genève que vous êtes en relation avec M. de Vol-taire ; je suis persuadé qu’il n’en est rien ; non que cela me fitaucune peine, mais parceque vous ne m’en avez rien dit. Je suisobligé de partir sans pouvoir vous donner aucune adresse pourLondres ; mais, par le moyen de M. de Luze, j’espère que notrecommunication sera bientôt ouverte. J’ai le cœur attendri desbontés de madame la commandante, et de l’intérêt qu’elle prendà mon sort. Je commis son excellent cœur, elle est votre mère, jesuis malheureux : comment ne s’intéresseroit-elle pas [à moi?Quand je pense à vous, j’ai cent mille choses à vous dire • quandje vous écris, rien ne me vient, j’achève de perdre entièrement