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Tome huitième.
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125
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Anxée 1766 . 125

la mémoire. Grâces au ciel, ce n’est pas d’elle que dépendentles souvenirs qui m’attachent à vous. Je vous embrasse tendre-ment.

A MADAME DE CRÉQUI.

Au Temple, le l ,r janvier 1766.

Le désir de vous revoir, madame, formoit un de ceux qui m’at-tiroient à Paris. La nécessité, la dure nécessité, qui gouverne tou-jours ma vie, m’empêche de le satisfaire. Je pars avec la cruellecertitude de ne vous revoir jamais : mais mon sort n’a point changémon ame ; l’attachement, le respect, la reconnoissance, tous lessentiments que j’eus pour vous dans les moments les plus heu-reux, m’accompagneront dans mes richesses jusqu’à mou der-nier soupir (*).

A MADAME LATOUR.

Le 2 janvier 1766.

Je pars, chère Marianne, avec le regret de n’avoir pu vous re-voir. Je n’ai pas plus oublié que vous ma promesse ; mais masituation la rendoit conditionnelle : plaignez-moi sans me con-damner. Depuis que je vous ai vue, j’ai un nouvel intérêt à n’ètrepas oublié de vous. Je vous écrirai, je vous donnerai mon adresse.Je desire extrêmement que vous m’aimiez, que vous ne me fas-siez plus de reproches, et encore plus de n’en point mériter. Maisil est trop tard pour me corriger de rien ; je resterai tel que je suis,et il ne dépend pas plus de moi d’être plus aimable, que de cesserde vous aimer.

A MADAME LA COMTESSE DE BOUFFLERS.

Londres, 1S janvier 1766.

Nous sommes arrivés ici, madame, lundi dernier, après unvoyage sans accident ; je n’ai pu, comme je l’espérois, me trans-porter d’abord à la campagne. M. Hume a eu la bonté d'y venirhier faire une tournée avec moi, pour chercher un logement. Nousavons passé à Fulham, chez le jardinier auquel on avoit songé ;nous avons trouvé une maison très malpropre, où il n’a qu’uneseule chambre à donner, laquelle a deux lits, dont l’un est main-

(") M'accompagneront dans mes richesses... C'est le texte de l'édition originaledonnée par Pougens en 1798 (petit in-12, page 53). Mais le mot richesses n'offre iciaucun sens ; c*est sans doute détresses ou Ira verses qu'il y faudroit substituer.